<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425</id><updated>2011-08-24T06:10:28.651-07:00</updated><title type='text'>Evénement Editions Métailié</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>35</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-6321916181727311916</id><published>2010-02-04T04:42:00.000-08:00</published><updated>2010-02-04T04:47:04.644-08:00</updated><title type='text'>Le Monde diplomatique - Février 2010</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Le nouvel enlèvement des Sabines&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Serge Quadruppani&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;L'ordre règne dans la Péninsule...&lt;br /&gt;Des immigrés sont lynchés en Calabre, des milices citoyennes chassent les petits délinquants, les campements de gens du voyage sont détruits par les bulldozers. Ces flambées sécuritaires dissimulent pourtant un système de corruption qui gangrène le pays....&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.editions-metailie.com/images/mondediplo.pdf"&gt;Lire l'article&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-6321916181727311916?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/6321916181727311916/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=6321916181727311916&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6321916181727311916'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6321916181727311916'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2010/02/le-monde-diplomatique-fevrier-2010.html' title='Le Monde diplomatique - Février 2010'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-8616915630042895816</id><published>2010-01-06T02:45:00.000-08:00</published><updated>2010-01-06T02:49:32.769-08:00</updated><title type='text'>Chronique de Luis Sepúlveda</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 110px; height: 165px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s400/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337092458184345074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Copenhague, la grande escroquerie de l'année&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années 80, un drapeau vert avec,  au centre, un soleil souriant et sympathique et la légende « Energie nucléaire ? Non merci » symbolisait plus qu’une mobilisation écologiste ou la revendication d’un groupe d’excités amoureux de la nature. Il s’agissait -en particulier dans le cas de pays comme l’Allemagne et la France- d’une proposition politique qui exigeait de l’Etat Providence, cette conquête socio-démocrate aujourd’hui à l’agonie, de planifier et de développer des politiques énergétiques  à long terme, sures et,  surtout, susceptibles de ne pas léguer aux générations futures des milliers de tonnes de déchets radioactifs extrêmement dangereux dont la destination finale reste un mystère car, aujourd’hui encore, personne ne sait quoi en faire.&lt;br /&gt;Il s’agissait donc d’une réponse politique à un problème politique et moral : nous avons, bien sûr, besoin d’énergie pour  faire fonctionner les machines et nous chauffer, mais pas à n’importe quel prix.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt; De plus, les alternatives énergétiques, éoliennes et solaires, ont maintenant démontré leur efficacité et des pays comme le Danemark produisent plus de la moitié de leur énergie en toute sécurité et sans déchets éminemment dangereux. Le moratoire destiné à fermer, à diminuer progressivement la dépendance énergétique au nucléaire et à cesser de construire des centrales était un premier pas dans la responsabilité politique et devait être suivi d’autres étapes en direction de la recherche et du développement d’alternatives déjà connues. Mais, par manque de volonté politique dans le domaine de la production d’énergie, les états sont restés les otages des grandes multinationales, étrangères à toute considération morale et avec le profit pour seul but. Une fois de plus, le marché, ce dieu imparfait et imprévisible, s’est imposé et a gagné, nous plongeant ainsi dans la pire des crises économiques de l’histoire.&lt;br /&gt;Ce même Dieu du Marché est en grande partie responsable du réchauffement global qui réunit en ce moment les représentants des pays extrêmement pollueurs opposés à ceux qui souffrent des effets de la pollution et que l’augmentation des marées condamne même à disparaître. C’est aussi simple, aussi tragique, aussi urgent que ça mais le sommet de Copenhague démontre, une fois de plus, qu’au moment de défendre la survie de l’espèce humaine, les pays industrialisés aussi raisonnables et empiriquement forts soient-ils, continuent à placer les critères de marché au-dessus de toute considération morale.&lt;br /&gt;Le président du gouvernement espagnol va à Copenhague avec de formidables idées pour la galerie, comme par exemple, fixer un fond de plusieurs millions d’euros destinés à pallier les effets des changements climatiques. Cependant, en Espagne, on parle avec beaucoup d’enthousiasme de la fin du moratoire nucléaire de 1984 mais on ne dit pas qu’en 2010, les déchets radioactifs seront temporairement entreposés dans le dépotoir nucléaire de Vandellos 1 et qu’on ignore encore où stocker ensuite ces résidus terriblement dangereux. Aucune commune ne veut recevoir la patate chaude même si les avantages économiques dont ils bénéficieraient s’ils acceptent de se transformer en dépôt d’ordures nucléaires sont alléchants. Ces déchets finiront dans un quelconque pays pauvre, probablement africain, lequel ne percevra pas les cinquante mille euros par jour que coûte le dépotoir nucléaire de Vandellos 1 et la misère qu’on leur paiera pour un avenir empoisonné sera présentée comme un acte de philanthropie.&lt;br /&gt;Les pays africains se sont temporairement retirés de Copenhague mais ils sont retournés à la table des négociations : confronté à la pauvreté les états en oublient leur dignité et leur souveraineté.&lt;br /&gt;Les initiatives citoyennes de défense de l’avenir naissent de l’observation des faits qui affectent directement l’ensemble de la société, c’est la base humaine du mouvement écologiste et, en matière d’énergie, les leçons apprises de la « crise du pétrole » de 1973, comme on l’appelle, ont conduit au besoin urgent de chercher et de découvrir des sources d’énergie alternatives. A Copenhague, par contre, on discute des moyens de ralentir la catastrophe mais sans changer de modèle énergétique, un modèle imposé par le marché.&lt;br /&gt;A Copenhague tout est bon pourvu de générer de nouveaux profits grâce à la production énergétique. Tchernobyl n’est plus qu’une anecdote désagréable, le réchauffement global est accepté sans rechercher sérieusement ses causes et ses effets et on applaudit comme un succès que la Chine construise un moulin à vent  toutes les demies heures sans faire remarquer que la production d’énergie éolienne n’est raccordée à aucun réseau et ne sert qu’à être applaudie par le galerie.&lt;br /&gt;Voilà où nous en sommes ; Copenhague se termine comme la grande escroquerie de l’année, un fou casse la figure à Berlusconi et moi je remercie les éditeurs et les lecteurs de La Montagne de m’avoir permis d’exprimer mes opinions.&lt;br /&gt;Je leur souhaite un joyeux Noël et une année 2010 digne, juste et solidaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-8616915630042895816?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/8616915630042895816/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=8616915630042895816&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8616915630042895816'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8616915630042895816'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2010/01/chronique-de-luis-sepulveda.html' title='Chronique de Luis Sepúlveda'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-6922745019499440964</id><published>2009-12-25T03:38:00.000-08:00</published><updated>2009-12-27T03:47:23.062-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SzdIL_7Gr1I/AAAAAAAAAIA/XPILKqOXvpM/s1600-h/Cataldo.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 178px; height: 250px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SzdIL_7Gr1I/AAAAAAAAAIA/XPILKqOXvpM/s400/Cataldo.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5419880047538777938" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Giancarlo de Cataldo&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div face="arial" style="text-align: justify;"&gt;Je suis le fils d’un professeur de langue et de littérature françaises. Mon père parlait couramment votre belle langue et il a tenté de toutes les manières, de préférence les manières autoritaires, de me l’enseigner. Mais comme il a existé un type appelé OEdipe qui s’y connaissait en matière de rapports entre père et fils (et mère), je me suis toujours entêté dans le refus d’apprendre. Il y a quand même une chose que mon père a réussi à m’imposer : la lecture des grands classiques français. Aujourd’hui encore, mon livre culte est Les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Illusions perdues &lt;/span&gt;de Balzac, et les lecteurs attentifs se seront aperçus que l’épilogue entier de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Saison des massacres &lt;/span&gt;n’est qu’un remake à la sauce romaine de l’épilogue de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’Éducation sentimentale&lt;/span&gt; de Flaubert. Et ainsi de suite.&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt; Durant le printemps 1992, dans une des périodes les plus tristes et dévastées de ma vie, écrivain sans aucun succès, père blessé dans ses sentiments les plus profonds par une histoire familiale angoissante, homme de trente-six ans qui se sentait au bord de l’abîme, je vins à Paris avec ma femme Tiziana. Nous avions décidé de dépenser dans un voyage de formation et d’autoformation les derniers sous qui nous restaient d’une saison amère. Nous arrivâmes en train gare de Lyon un matin de juillet. Je n’oublierai jamais cette première rencontre avec le ciel de Paris. Le petit hôtel des Arts, rue Saint-André-des-Arts, où dans les années à venir nous ne retrouverions jamais de chambre libre (quelquefois, je retourne dans cette rue pour me convaincre que l’hôtel existe vraiment, que ça n’a pas été juste un rêve), des longues promenades le long de la Seine, le Pont Neuf… Bref, couleur et folklore, pour beaucoup, et peut-être rhétorique. Pour nous, simplement, la vie. La vie dans un sens réel, concret : je crois, ou plutôt, je suis sûr que mon fils Gabriele est, dans une large mesure, enfant de Paris. Et je m’en tiendrai là.&lt;br /&gt;Imaginez-vous alors la stupeur, le plaisir, la sensation presque mythique d’un mandala qui se referme quand, plus de dix ans après, j’ai rencontré pour la première fois AMM. Rue de Savoie, c’est-à-dire à cinq mètres de cet hôtel des Arts d’où ma seconde vie est repartie. Signe du destin ? Les choses avaient beaucoup changé, entre-temps. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Romanzo criminale&lt;/span&gt; avait fait de moi un auteur connu. Je ne devais plus frapper humblement à la porte des éditeurs, c’étaient eux qui venaient me chercher. Les cadres de la télévision auxquels je proposais mes fictions n’étaient plus en réunion. Je rencontrais des producteurs qui avaient fait semblant de ne pas me connaître la veille et qui maintenant, miraculeusement, rappelaient des épisodes de vie commune jamais réelle ment vécus… Et maintenant, la France ! Durant cette première rencontre avec Anne Marie, alors que j’essayais de balbutier quelques mots dans votre langue, alors qu’il me semblait donner une très mauvaise image de moi (qu’est-ce qu’elle va penser, cette dame sophistiquée, de l’auteur de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Romanzo criminale&lt;/span&gt;, que c’est un crétin en surpoids qui massacre le français, mais c’est bien lui qui l’a écrit, ce roman, ou bien c’est un nègre ?), il me semblait entendre résonner la voix moqueuse de mon père, le vieux professeur, son accent du sud profond de l’Italie : « Je te l’avais bien dit d’étudier le français, espèce d’âne ! »&lt;br /&gt;Je posai une condition, lors de cette première rencontre : dès que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Romanzo&lt;/span&gt; serait traduit, il faudrait qu’il y ait une présentation à la Hune, la librairie de Saint-Germain. Provincial le garçon, hein ? Ce ne fut pas une grande idée. Un auteur étranger à peu près inconnu – tout cela se passait avant le film, avant les interviews, avant qu’on fasse connaissance, vous et moi –, cet auteur n’attirait personne. Mais un collègue vint me trouver, un juge français. Formidable, me dis-je, chez vous aussi, il y a des magistrats qui écrivent. Oui, formidable. Mais disons-le à mi-voix, chez nous, surtout par les temps qui courent, « magistrat » risque d’être un gros mot. Le meilleur vint ensuite. Quand, avec Anne Marie, avec Serge Quadruppani, avec la merveilleuse équipe de la maison d’édition, nous sommes devenus amis. Imaginez ma stupeur quand j’ai découvert que la bibliothèque Métailié, les auteurs traduits et aussi les français correspondaient presque à la perfection à ma bibliothèque, aux livres que j’aime, à mes auteurs.&lt;br /&gt;Imaginez le plaisir de prendre des décisions en trente secondes, sans bureaucratie, entre êtres humains (tous les éditeurs ne sont pas des êtres humains, croyez-moi).Imaginez le plaisir d’être accueilli par des journalistes qui lisent les livres et les comprennent, par des critiques qui se fichent des étiquettes, par des lecteurs qui bavardent avec vous durant le rite des dédicaces, imaginez le plaisir de la province française, sa douceur… Imaginez, non, en fait, vous l’avez devant vous, un homme d’âge moyen profondément amoureux de la France… voilà, pardonnez la longueur et l’incapacité de parler comme il conviendrait qu’un auteur le fasse, à propos de son éditeur. Je voulais seulement qu’il soit clair combien Métailié, la France sont pour moi étroitement liées à un point que je ne pourrais peut-être pas l’exprimer comme il faudrait. Le fait est que je n’arrive pas, je n’y arrive pas vraiment, à penser en termes de rapports entre auteur et éditeur, à parler de contrats, à discuter de chiffres, à disserter sur les genres littéraires. Simplement, en ce moment, je pense à autre chose. Simplement, je suis heureux d’avoir connu Anne Marie, d’avoir fait un bout de route ensemble, et d’en avoir encore une très longue devant nous. Du moins, je l’espère !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-6922745019499440964?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/6922745019499440964/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=6922745019499440964&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6922745019499440964'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6922745019499440964'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/12/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_25.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SzdIL_7Gr1I/AAAAAAAAAIA/XPILKqOXvpM/s72-c/Cataldo.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-6788384570631505265</id><published>2009-12-22T02:39:00.000-08:00</published><updated>2009-12-22T02:51:35.803-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Les vertus du jambon&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;José Manuel Fajardo&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SzCjbRJ4H3I/AAAAAAAAAH4/Cc_TY1YseKQ/s1600-h/Fajardo.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 350px; height: 233px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SzCjbRJ4H3I/AAAAAAAAAH4/Cc_TY1YseKQ/s400/Fajardo.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5418010040583331698" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div face="arial" style="text-align: justify;"&gt;Depuis que les écrivains ne se mettent plus en quatre pour dénicher un roi, un prélat ou un noble qui avalise leurs textes et qui les prenne sous leur protection, autrement dit depuis qu’ils ont une relative indépendance, le rapport entre auteur et éditeur est un élément décisif pour la publication de leurs livres. Les histoires de rencontres et « malencontres » sont légion. Sylvia Beach est associée à la publication de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ulysse&lt;/span&gt; de Joyce, de même que Carlos Barral l’est à son refus de publier &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cent ans de solitude&lt;/span&gt;. Deux excellents éditeurs qui montrent à l’évidence que le bon et le mauvais choix sont les deux faces de la pièce de monnaie que tout éditeur jette en l’air quand il va décider de la publication d’une œuvre. On pourrait dire que tout est affaire de hasard. Ou de goût.&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt; Mais la chance est toujours précédée d’une décision, ce qui la rend beaucoup moins aléatoire. Et le goût ne dépend pas seulement des autres, il dépend aussi de soi : ce que nous dédaignons à un moment donné peut susciter notre enthousiasme à un autre, et inversement. Mais, dans ces conditions, sur quelles bases établir une relation entre éditeur et auteur ? Pour une fois, je vais laisser de côté ma tendance à généraliser (qui peut être très pénible, je sais, je sais) pour aborder le concret. Je vais vous raconter une histoire personnelle que l’on pourrait qualifier d’exemplaire. À vous de juger.&lt;br /&gt;Au printemps 1995, je remis à mon ami Luis Sepúlveda le manuscrit de mon premier roman, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lettre du bout du monde&lt;/span&gt;. Loin de se contenter d’écrire un beau prologue pour le livre, il en envoya aussitôt un exemplaire à son éditrice en France, AMM. « Ça y est, tu as un éditeur en France », m’annonça-t-il dans un grand élan d’enthousiasme, que j’ai partagé pendant les trois mois qui ont précédé la réception de la lettre de « mon éditrice française ». Sauf que ladite lettre m’annonçait la décision de ne pas publier mon roman. Ceux qui sont écrivains et qui lisent ces lignes auront mesuré la profondeur de l’abîme qui s’ouvrit sous les pieds de mon ego. Les autres pourront se faire une idée de l’ampleur de mon échec, car la frustration est une expérience que tous les êtres humains connaissent, hélas, au moins une fois dans leur vie, sinon plus.&lt;br /&gt;La lettre d’AMM était particulièrement cordiale, presque affectueuse, et pourtant nous ne nous connaissions pas. Elle ne s’intéressait pas au roman historique, m’expliquait-elle, mais elle appréciait la qualité de mon écriture et me souhaitait donc bonne chance, etc., etc. Arrivé à ce point de ma lecture, peu m’importaient les formules de politesse et les bonnes manières. Bien entendu, je lui répondis par une lettre courtoise, mais contrite (les écrivains savent tellement bien adopter la posture du martyr incompris quand ils sentent que l’on n’apprécie pas ce qu’ils écrivent !). Et pendant plusieurs semaines je m’appliquai plus à mordre qu’à prononcer le nom de Métailié chaque fois qu’un de mes amis, à qui j’avais annoncé allègrement que j’avais enfin un éditeur en France, me demandait quand j’allais être traduit. Je n’irais pas jusqu’à dire que je la haïssais, non, je suis vaniteux mais pas au point d’oublier la bonne éducation, et la lettre d’Anne Marie avait été pleine d’égards. Pour être plus précis, je la détestais cordialement.&lt;br /&gt;J’étais le jouet de ces sentiments quand, l’été suivant, je me rendis à Gijón pour couvrir en tant que journaliste le festival littéraire Semana Negra. Je m’attendais à y retrouver, comme chaque année, de nombreux amis journalistes et écrivains, parmi lesquels Luis  Sepúlveda, qui avait essayé de me remonter le moral après le refus de Métailié, me répétant que son éditrice était excellente, mais qu’elle avait du caractère et qu’il était parfois difficile de la convaincre. Je le remerciai de son réconfort et m’abstins de lui dire ce que je pensais du caractère de son éditrice. Quoi qu’il en soit, je ne m’imaginais pas me retrouver un jour nez à nez avec Mme Métailié en personne, or c’est justement ce qui arriva à Gijón.&lt;br /&gt;Luis me la présenta au moment du déjeuner, à la terrasse de l’hôtel où nous étions tous logés. Je pris mon meilleur air d’homme-bien-élevé-qui-n’a-pas-derancune. À ma grande surprise, je la trouvai très sympathique, et plus encore quand je la vis dévorer un de ces plats féroces qui font la gloire de la cuisine asturienne (je crois que c’était une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fabada&lt;/span&gt;), copieusement arrosé de vin et d’enthousiasme. Presque aussi copieusement que moi, qui me pique d’être une bonne fourchette.&lt;br /&gt;Au dessert, AMM s’approcha et, me regardant droit dans les yeux avec cette complicité qui n’est donnée qu’à ceux qui appartiennent à la même bande de voleurs ou à la même confrérie de « bons vivants », elle souffla : « Tu ne pourrais pas me dire où on peut trouver de la bonne charcuterie ? Parce que je veux acheter un jambon ibérique. » Je proposai de l’accompagner et je songeai que, si elle avait refusé mon roman, cette femme avait indubitablement bon goût et encore meilleur caractère.&lt;br /&gt;S’il y avait eu une caméra en action dans le coin, je crois qu’elle aurait cadré large : on s’éloignait en bavardant, cap sur la meilleure charcuterie de Gijón, comme si on était Humphrey Bogart et Claude Rains dans la dernière scène de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Casablanca.&lt;/span&gt; Pas de doute, une belle amitié était née. Et pas question de la laisser gâcher par le refus d’un simple roman.&lt;br /&gt;Depuis, AMM a publié en France tous mes romans suivants, mais cette fois, plus besoin de tirer une morale de cette nouvelle histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-6788384570631505265?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/6788384570631505265/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=6788384570631505265&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6788384570631505265'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6788384570631505265'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/12/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_22.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SzCjbRJ4H3I/AAAAAAAAAH4/Cc_TY1YseKQ/s72-c/Fajardo.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-510387357251667288</id><published>2009-12-18T02:13:00.001-08:00</published><updated>2009-12-18T02:16:12.525-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Liens de famille&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Lídia Jorge&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SytV9mogsnI/AAAAAAAAAHo/VtFU76S6p6A/s1600-h/Jorge.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 350px; height: 233px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SytV9mogsnI/AAAAAAAAAHo/VtFU76S6p6A/s400/Jorge.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5416517493673996914" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;À l’autre bout du fil, quelqu’un me demandait d’écrire quelques lignes sur les éditeurs et les écrivains, leurs relations de vie commune ou de dissidence, une courte page, peut-être deux, quelque chose de rapide, de simple, et moi, au lieu d’évaluer ce qui s’était passé entre Gutenberg et Marconi, j’ai abandonné ce vaste monde et j’ai commencé à penser à ce jour où je suis montée dans l’ascenseur du 225 boulevard Saint-Germain, au moment précis où Marie-Ange Masson Mosca m’a priée de m’asseoir en face d’elle et au fil de ses mots se tissait ma future relation avec les Éditions Métailié, une étreinte qui continue encore comme un lien, non comme une contrainte. Mais cette histoire a déjà été racontée, c’est l’histoire d’une relation avec quelque chose d’idéal et d’irréel, tant elle est profonde et forte, je ne vais pas la raconter à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;Elle doit rester appuyée sur les livres, se nourrir de liqueur du temps et prendre les ailes tissées par l’amitié sans ostentation. Avec fermeté je ne dirai rien sur cette histoire, c’est ce que je pensais pendant que quelqu’un à l’autre bout du fil parlait des mythes qui se répandent aujourd’hui, ceux qui couvrent de glace les relations entre les maisons d’édition et leurs auteurs, par hypothèses aussi glacées qu’elles.&lt;br /&gt;Ainsi, tandis que là-bas quelqu’un parlait de froideur, lames, couteaux, morceaux de verre, renvois, coupes, abandons, modernes légendes tragiques entre éditeurs et écrivains, je pensais à ce jour du printemps 2001, à Francfort, où Ray-Güde Mertin m’a accompagnée dans les bureaux de Suhrkamp pour rencontrer Siegfried Unseld, et sur le chemin nous avons volé dans un jardin public un bouquet de fleurs. Je pensais à cet instant où quelqu’un est venu me murmurer que je ne serais reçue qu’une minute, deux minutes, pas plus, et M. Unseld ne se lèverait pas, il resterait assis, une minute, deux minutes pas plus, et Ray resta pour m’attendre et je suis entrée, et M. Unseld s’est levé, et je ne me suis pas assise malgré son geste, et nous sommes restés l’un en face de l’autre à échanger des salutations, sachant que nous étions en train de nous dire au revoir pour toujours, nous qui avions parlé de Catulle et des femmes, de Goethe et des herbes qui composaient sa nourriture préférée, ou de Thomas Bernhard en vacances au Portugal, et maintenant nous avions des mots urgents à nous dire et nous ne les dirions plus, car tout avait cessé d’être urgent, jusqu’à ce qu’il me dise &lt;span style="font-style: italic;"&gt;You will…&lt;/span&gt; et j’ai dit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;I’m not sure I will…&lt;/span&gt; cinq minutes étaient passées et il ne s’était pas assis et je ne m’étais pas assise, quelqu’un a frappé à la porte, il a parlé en allemand, et je me suis retournée sans lui tendre la main. Oui, je sais que derrière ma relation avec Siegried Unseld il y avait toute une chaîne de gens, je savais que d’autres m’avaient  amenée jusqu’à lui, mais c’est de lui que je suis en train de parler, quelqu’un qui a donné sa vie pour la littérature allemande et pour la littérature du monde. Je n’ai jamais su où j’avais laissé les fleurs, si je les lui avais données, si je les avais perdues dans le couloir. Peu importe. L’important c’est de ne pas donner aux adolescents l’idée que dans ce monde tout est régi par la froideur, les lames, les couteaux, les morceaux de verre, surtout dans un domaine où, en principe, se tisse le contraire.&lt;br /&gt;C’est à cela que je pensais pendant que de l’autre côté quelqu’un me parlait de l’image qui circule parmi les jeunes gens des lycées sur la force de l’argent et des affaires. Ce qu’on raconte sur les éditeurs, ces exploiteurs des gains des autres, ces usurpateurs des talents des autres, ces avares qui seront expulsés par saint Pierre de tout endroit ressemblant au paradis. Romantiques, ces jeunes gens des lycées, fiers de pouvoir revendiquer un ordre protecteur pour les créateurs. Ils ont raison. Malheureusement cela existe, l’histoire en est pleine. Cela touche tout le monde. Mais à l’opposé, je pensais à Dorotea Bromberg ce soir-là à Stockholm, où je l’ai vue marcher sous la neige en tirant un chariot plein de livres. Elle-même, l’éditrice de plusieurs prix Nobel, elle-même, elle a placé les livres sur la table, les a exposés, les a vendus, a rangé ceux qui restaient, a poussé le chariot tout au long de la rue couverte de neige, et moi qui la suivais, pour voir comment elle les mettait dans le coffre de sa voiture, je pensais à sa distinction, à son respect pour les auteurs, à sa complicité, à leur défense, à sa lutte pour des histoires venues de loin. Quelques histoires portugaises que Dorotea pensait que les Suédois devaient connaître. Seulement cela. C’est pourquoi j’aurais aimé filmer cette rencontre avec Dorotea au milieu des livres, pour la montrer aux adolescents, pour qu’ils sachent que tout n’est pas un réfrigérateur où notre cœur est conservé pour ensuite être mangé. Ah ! Si j’avais filmé ! Si j’avais filmé le visage de Menakhem Perry quand il explique pourquoi il choisit certains livres, et de Christopher MacLehose, et d’Adolfo García Ortega, et de Luciana Villas Boas, juste pour dire aux lycéens de rester calmes, tout n’est pas que gestion et pourcentage, il y a des gens qui ne dorment pas à cause d’une bonne histoire, d’un beau livre, d’une bonne phrase, d’une pensée. Il y a des éditeurs qui tombent amoureux d’une pensée, pour laquelle ils peuvent faire le tour du monde, et en cela ils sont les jumeaux des écrivains. Ce sont eux qui placent dans les mains des lecteurs le livre que tu écris à ta table de travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, de l’autre côté quelqu’un suggérait une, deux pages sur cette idée que l’édition est devenue une station balnéaire et que l’éditeur est un Mister qui ne recherche que les bons coups. Et parfois on a cette impression, mais si tout était comme ça, si dans ce jeu il n’y avait que les bons coups qui comptaient, il n’aurait pas été possible qu’existe ce moment où, depuis Barcelone, à presque minuit, Nelson de Matos a fait arrêter les machines de l’imprimerie à Lisbonne, parce qu’il a vu que je n’étais pas sûre du titre qui était en cours d’impression. Oui, c’était dans un restaurant de poissons et nous en étions au dessert quand la conversation a porté sur le titre. Je me souviens, si je me souviens bien, de ce moment où je suis sortie dans la rue avec Cecilia Andrade et que grâce à un mot d’elle la décision a été prise. Cecilia est aujourd’hui mon éditrice portugaise, elle est et sera toujours cette personne qui a été capable de prendre la décision pour moi, de remettre en marche les machines qui étaient arrêtées. Nelson de Matos, mon éditeur pendant de longues années, restera pour toujours dans ma vie avec son portable à l’oreille, à m’attendre, en prolongeant cette nuit d’automne à Barcelone. Jusqu’à ce qu’il dise : « Continuez, ici on a eu un doute… » Et donc s’il est vrai que les jeunes gens ne comprennent la vie qu’à travers des métaphores de pop ou de football, il faut leur dire que la chanson n’est pas toujours celle-là, et les bons coups entrent dans d’autres buts, moins rectangulaires, moins instantanés, moins comptables et cependant nécessaires pour que notre humanité continue. Que les éditeurs font inséparablement partie de ce team, de cette équipe. Il est vrai, contrairement à ce qu’on propage et que suggèrent quelques évidences, et que d’autres confirment malheureusement, que l’éditeur est une figure jumelle de l’écrivain, celui qui divulgue les livres qu’il aimerait avoir écrit lui-même. C’est l’unique engagement qui ne peut pas être perdu. La culture repose sur ce choix, ce pari dans lequel se tisse une sorte de grande famille polygame, unie par l’idée d’un art.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-510387357251667288?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/510387357251667288/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=510387357251667288&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/510387357251667288'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/510387357251667288'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/12/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_9477.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SytV9mogsnI/AAAAAAAAAHo/VtFU76S6p6A/s72-c/Jorge.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-2902085709477040422</id><published>2009-12-15T22:23:00.000-08:00</published><updated>2009-12-15T22:27:57.947-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;La passion du partage des livres&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;José Eduardo Agualusa&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Syh9My1KODI/AAAAAAAAAHY/7C5yshDeF_s/s1600-h/Agualusa_6746.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 350px; height: 233px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Syh9My1KODI/AAAAAAAAAHY/7C5yshDeF_s/s400/Agualusa_6746.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5415716210669664306" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div face="arial" style="text-align: justify;"&gt;J’ai connu AMM au cours de la deuxième édition du festival de littérature de langue portugaise le plus animé du Brésil, la FLIP, à Parati. Le succès du festival s’explique en partie par l’incroyable beauté de l’endroit qui l’accueille, une petite ville coloniale enserrée entre de hautes collines très vertes et une mer de rêve, bourrée d’îles.&lt;br /&gt;Ce festival a été important pour moi. J’ai eu la chance de participer à un débat avec Caetano Veloso et les éloges qu’a fait le chanteur sur l’un de mes romans, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Guerre des anges,&lt;/span&gt; ont contribué – largement ! – à l’attention qu’y ont porté la presse et les lecteurs, ainsi qu’au reste de mon travail. Trois de mes romans étaient publiés au Brésil mais c’est avec celui-là, et à ce moment-là, que j’ai commencé à exister en tant qu’écrivain au pays du carnaval.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;C’est là aussi que je suis né comme éditeur, car c’est au cours de ce même festival que j’ai connu Connie Lopez, Portugaise établie au Brésil depuis longtemps et qui était à l’époque impresario de Caetano Veloso. Connie, qui avait fondé une maison de production de disques, industrie au bord de la ruine, m’a proposé de créer avec une amie brésilienne une petite maison d’édition entièrement consacrée à la nouvelle littérature des pays lusophones.&lt;br /&gt;À Parati, Anne Marie était accompagnée de Ray-Güde Mertin, mon agent, représentante de quelques-uns des plus grands noms de la littérature de langue portugaise. Ray-Güde avait décidé de publier mon deuxième roman, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Saison des fous&lt;/span&gt;, chez Gallimard. Je me souviens m’y être opposé, car je soupçonnais déjà qu’un écrivain jeune et parfaitement inconnu devait être mieux accueilli dans une maison d’édition plus petite. C’est ce qu’a dit Anne Marie lorsque Ray-Güde nous a présentés. Je connaissais les Éditions Métailié.&lt;br /&gt;Quelques années auparavant, j’avais rencontré à Lisbonne Pierre Léglise-Costa, un homme élégant et charmant, qui a participé à la création de la collection exceptionnelle de littérature lusophone de la maison.&lt;br /&gt;Un de mes meilleurs amis, l’écrivain portugais Pedro Rosa-Mendes, y avait publié son premier livre, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;la Baie des tigres&lt;/span&gt;, et m’en avait dit le plus grand bien.&lt;br /&gt;Dans les années suivantes, j’ai publié plusieurs livres avec Anne Marie, et mes plus grandes expectatives ont été confirmées. À une époque de grands changements dans le monde de l’édition – concentration éditoriale, réduction de l’espérance de vie du livre, affirmation de la médiocrité –, des maisons comme celle-ci donnent un rôle important de résistance culturelle, les grands groupes recherchent des écrivains prêts-à-consommer, le fast-food de la littérature. Des maisons comme Métailié s’efforcent au contraire de découvrir et de construire des auteurs, un travail ardu et patient, souvent ingrat, sans lequel il n’y a pas d’avenir pour la littérature. Et elles s’efforcent aussi d’ouvrir des fenêtres sur le monde en faisant connaître aux lecteurs français des écrivains de langues et de pays plus ou moins lointains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-2902085709477040422?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/2902085709477040422/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=2902085709477040422&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/2902085709477040422'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/2902085709477040422'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/12/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_15.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Syh9My1KODI/AAAAAAAAAHY/7C5yshDeF_s/s72-c/Agualusa_6746.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-1290868769016224205</id><published>2009-12-11T14:00:00.000-08:00</published><updated>2009-12-11T14:05:56.671-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Métailié, c'est toi?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Pascal Didier&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Représentant de la Diffusion Seuil*&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;“Si avant de mourir, j’ai envie de poser au moins une fois mes pieds sur le sol de la Patagonie ou de traverser dans un sens ou dans l’autre le désert d’Atacama, c’est la faute à Luis Sepúlveda ou à Hernán Rivera Letelier. Mais si ces deux écrivains m’ont entraîné dans leurs pas, dans leurs pages et dans ces contrées-là, la responsabilité première de mes rêves d’ailleurs incombe à une éditrice dont les yeux verts reflètent si bien la passion et le feu qui troublent le regard de bien des passeurs de textes.&lt;br /&gt;Si le rôle d’une éditrice est d’entraîner le lecteur sur des chemins qu’il n’aurait peut-être pas empruntés et de l’inciter à faire le tour du monde au détour de quelques phrases ou d’une simple virgule, alors AMM peut être fière de son travail et de son entreprise.&lt;br /&gt;30 ans déjà qu’une salamandre noire escalade ainsi les murs de quelques bibliothèques – et la mienne, forcément – ouvertes sur des littératures d’ici, d’ailleurs et de bien plus loin, sur des langues nordiques ou des accents des Sud, sur des histoires et des mots nés au creux des soleils ou au cœur des hivers de tous les mondes possibles du bout du monde.&lt;br /&gt;Mon histoire avec AMM commence à mi-parcours de l’histoire de sa maison d’édition.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;J’étais à l’époque un libraire débutant, débarqué presque par hasard dans ce métier et embauché par seule passion des mots et des écrivains, découvrant un monde que je ne connaissais que par ce parcours d’auto­didacte qui me poussait adolescent à fouiller dans toutes les librairies que je croisais pour feuilleter ou acheter les livres publiés par Éric Losfeld, François Maspero ou Christian Bourgois. Sans savoir ce que serait un jour mon itinéraire, mon attachement aux livres était marqué par l’intérêt porté au travail d’un éditeur. J’accordais déjà une importance particulière au nom de l’éditeur et ma condition de libraire allait très vite renforcer cette curiosité pour ceux et celles qui, en engageant parfois leur propre nom, transmettaient le travail d’un écrivain et construisaient finalement – à travers leurs choix littéraires – ce qu’on pourrait presque considérer comme leurs « Œuvres com­plètes » à eux : leur catalogue.&lt;br /&gt;J’étais donc libraire et je prenais plaisir à écouter les représentants me parler des livres qui allaient sortir et s’enthousiasmer parfois pour un texte ou un autre. Je me souviens de ce jour de 1992 et de ce représentant qui m’a dit : « Il faut que tu lises &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Vieux qui lisait des romans d’amour.&lt;/span&gt; » Je me souviens du jour où j’ai ouvert une enveloppe matelassée qui arrivait des Éditions Métailié et découvert le livre de Luis Sepúlveda avec sa couverture inoubliable et la mention qui précisait que la traduction était d’un certain… François Maspero. Je me souviens avec émotion de mon premier voyage à El Idilio et de ma première rencontre avec Antonio José Bolivar Proaño. Nous nous sommes souvent revus avec le Vieux. Le livre est toujours là, posé contre une des briques de ma bibliothèque, le papier un peu jauni, quelques pages cornées et des extraits marqués au stylo noir – ces extraits que j’aime relire parfois à voix haute –, et sur la page de garde, à l’encre bleue, la dédi­cace de Luis Sepúlveda.&lt;br /&gt;C’était, avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Vieux qui lisait des romans d’amour&lt;/span&gt;, ma première véritable incursion dans le catalogue des Éditions Métailié. Ce livre m’avait mis l’eau à la bouche et je me disais qu’une éditrice qui publiait un roman pareil avait forcément d’autres choses à me faire lire. J’ai alors commencé à suivre les pas de la salamandre noire, à me laisser guider par les choix d’AMM et à décou­vrir ainsi d’autres littératures. En devenant libraire, en devenant un lecteur un peu plus exigeant, je me suis aperçu que le premier regard que je posais sur les livres était toujours un peu plus la recherche de ce que j’appellerai la « marque de fabrication ». Sur les couvertures des livres – et plus que jamais aujourd’hui que je suis représentant d’éditeurs –, tout autant que le titre de l’œuvre ou le nom de l’écrivain, je cherche ici la salamandre, là des initiales, un arbre ou une maison, ailleurs une étoile bleue ou un patronyme. Et c’est cette passion pour ceux qui font les livres qui m’a donné très vite envie de passer de l’autre côté et d’être au plus près de ce travail-là. Quand je suis dans un restaurant, j’aime être assis pas très loin des cuisines et sentir l’agitation et l’effervescence créatrice du lieu. Devenir représentant d’éditeurs était le prolongement évident de mon parcours professionnel dans le livre pour être là aussi assis pas très loin des cuisines.&lt;br /&gt;Avoir à défendre le catalogue des Éditions Métailié comme celui de quelques autres éditeurs dont j’appré­cie le travail est quelque chose d’important. Quand j’entre en librairie, quand je viens – comme ce repré­sentant qui m’a parlé un jour du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vieux &lt;/span&gt;– parler moi aussi des livres à mes libraires, je suis la voix de l’édi­teur, de mes éditeurs, leur porte-parole, et ces libraires que je côtoie pour certains depuis maintenant pas mal d’années savent que je vis ça comme un engagement. J’aime entendre ainsi ces mots dans la bouche des libraires parfois : « Tel éditeur, c’est toi ? » ou « Métailié, c’est toi ? ». Et sans attendre la réponse qu’ils connaissent, de me dire qu’ils viennent de découvrir ou de lire tel ou tel écrivain ou un livre précis, et qu’ils ont aimé. Et il y a toujours un(e) libraire quelque part pour me reparler du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sourire étrusque&lt;/span&gt;, de Luz ou d’Anna Petrovna.&lt;br /&gt;AMM, c’est moi quand j’entre en librairie. Comme je suis aussi un peu de Tristram, de Bourgois, de Minuit, de Zulma, de Phébus et de quelques autres. Et les kilomètres parcourus toute une année, de librairie en librairie, pour colporter ces livres – j’ai près de mon bureau un dessin de Cabu où il m’a caricaturé en « colporteur de livres » et j’aime bien cette dénomina­tion –, sont finalement un extraordinaire périple et il est formidable, ce métier de représentant – représen­tant d’éditeurs, j’y tiens – où on peut dire à chaque début de semaine ou de programme littéraire : « Je pars en tournée » ou « Je pars en voyage ».&lt;br /&gt;A AMM qui m’a demandé d’exprimer ici ce qu’était un éditeur – et précisément ici une éditrice –, j’ai envie de répondre qu’un éditeur, c’est quelqu’un qui nous fait voyager loin, dans des langues ou dans des pays où on n’ira peut-être jamais, et qu’un éditeur, c’est aussi quelqu’un pour qui on prend plaisir à voyager loin, à prendre la route sous la pluie ou dans la neige, à s’éloi­gner des siens quelques soirs, à descendre dans des hôtels et à feuilleter des j&lt;span style="font-style: italic;"&gt;eux d’épreuves&lt;/span&gt; le soir seul à une table de restaurant. Peut-être qu’un jour, si je m’amusais à additionner tous les kilomètres parcourus pour parler des livres, je m’apercevrais que j’ai fait le tour du monde. Ma route passerait par tous les terri­toires croisés dans les livres que j’ai aimés, qui m’ont marqué et que j’ai partagés avec mes libraires ou avec d’autres passeurs de textes. De Luis Sepúlveda à Evelio Rosero, en passant par Jim Grimsley, Santiago Gamboa, Mario Delgado Aparaín, Elsa Osorio, James Meek, Arnaldur Indridason, Massimo Carlotto, Jean-Baptiste Baronian ou Bernard Giraudeau, il y aurait de sacrés beaux passagers – de cette si petite et si grande mai­son d’édition – dans cette passionnante traversée littéraire et humaine.&lt;br /&gt;Partager ce voyage avec les libraires et les lecteurs, c’est à ça que s’attelle AMM depuis 30 belles années et le travail du représentant est de participer avec ses mots, son regard et ses enthousiasmes à cette aventure-là.&lt;br /&gt;Je n’ai pas lu tous les livres publiés par les Éditions Métailié et n’aurai probablement jamais le temps de le faire. Mais je sais que si demain je devais partir sur une île déserte ou m’envoler pour la Patagonie, il y aurait forcément au fond de mes bagages quelques sala­mandres accrochées sur des livres.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;* Représentant de la diffusion Seuil dans l’est de la France depuis 1995, Pascal Didier collabore à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Parking de Nuit&lt;/span&gt; sur France Inter et à l’hebdomadaire La Semaine, et intervient régulièrement dans des formations de futurs libraires ou bibliothécaires. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-1290868769016224205?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/1290868769016224205/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=1290868769016224205&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/1290868769016224205'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/1290868769016224205'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/12/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_11.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-8649644191364652281</id><published>2009-12-08T10:42:00.000-08:00</published><updated>2009-12-09T10:49:16.965-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Des grands fonds&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Christian Thorel&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Librairie Ombres Blanches, Toulouse&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Sous le ciel des mers, on trouve les vagues, por­teuses­ d’écume, sans cesse mouvantes, incer­taines, immatérielles presque. Sous la masse compacte des eaux, une diversité vivante de coraux, d’algues et de plantes aquatiques s’accroche à la roche. Ces fonds marins nourrissent une infinité d’espèces de poissons, de crustacés et d’animaux marins.&lt;br /&gt;Il semble exister des approches différentes dans les métiers de l’édition, celle de producteur d’écume, celle qui veut faire des vagues, celle qui privilégie la culture des fonds. La première condamne à une existence éphé­mère le produit de ce qui est souvent une com­mande. On trouve ici ce qui encombre tant les tables des libraires, plus encore les présentoirs des boutiques de nos aéroports et de nos gares, qui fait ostensi­ble­ment figure de livres dans les allées des hypermarchés. Proses sans âge ni usage, artifices propres à alimenter un flux dont ne procède nulle sédimentation. Une littérature sans genre propulsée par des machines comme d’un canon à eau. Faire des vagues ou faire des remous est la vocation d’une partie notable de la pro­duction des maisons d’édition, cette partie qu’on espère plus rémunératrice, mais qui ne l’est pas tou­jours, délibérément fondée sur du temps court, six mois, trois mois, moins parfois. Légèreté, promptitude, noncha­lance peuvent y voisiner avec indolence, cynisme, provo­ca­tion. Un tribut donné à l’actualité, qui fait cousiner le livre avec la presse.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;On aura compris l’infécondité de ces lettres de surface tout autant que leur absence d’héritage, objets sans histoire ni postérité, artefacts d’un présent en déplace­ment lubrifié sur la ligne du temps. Il faut des aspérités, il faut des énergies, de l’âme et du corps pour n’être pas emporté par le flux, pour attacher au socle sa matière et son identité. En quoi les œuvres concernées dépendent-elles de leurs géniteurs, en quoi de leurs lecteurs, que doivent-elles à leurs éditeurs ?&lt;br /&gt;Les éditeurs de fonds se dotent, pour le compte des livres qu’ils publient et collectionnent (réunissent), de plusieurs vertus. La première ne procède d’aucune objectivité, pas plus que d’un cinquième sens, mais d’intuition et de désir mêlés. Récemment, dans un entretien pour un magazine économique, tel éditeur bien connu affirmait péremptoirement sa règle d’or : « Ne jamais publier les livres qu’on aime. » Sous les masques de la passion, de la ferveur, de l’enthousiasme, de l’austérité ou de la prudence, l’amour semble pour­tant le tropisme fondateur de la production des œuvres éditées. À écouter AMM parler de « ses » livres, aucun doute n’est permis sur ce qui anime sa vie. Une passion partagée pour chacune de ses publications fait ici profession de foi. À l’image de bien des entreprises d’édi­tion auxquelles la fin des années 70 et le début des années 80 nous ont providentiellement confron­tés, celles-là même l’œil rivé sur quelques noms mythiques du livre contemporain, AMM se donnera pour vocation dès la naissance de sa maison de donner un espace à une évidente politique des auteurs. En quel autre nom invocable peut-on construire un catalogue ? Instruire cette politique en agrégeant dans un domaine originel­lement arbitraire (sous son nom d’entreprise) des éléments, natures, sujets, différents, pris chacun dans l’hypothèse de leur singularité, et les réunir dans celle d’une collectivité, identifiée, indexée, imagée, pour que la collectivité supporte, aide, nourrisse chacun de ces objets à se frayer un chemin parmi tant et tant de sollicitations. Un catalogue parmi les plus véritables est fait d’une apparente cohérence, la confiance du libraire et celle du lecteur en procèdent.&lt;br /&gt;La peau du libraire est d’épaisseur diverse, cha­touillée par le représentant et ses argumentaires, elle ne répond pas toujours de la même manière à la solli­cita­tion du diffuseur et à celle de l’éditeur. La détermi­nation du projet éditorial, sa lisibilité au travers de l’édification du catalogue sont les conditions de la plus grande fertilité des relations entre la production et le terrain du commerce. On peut assurer sans mal que le libraire sait dans ses choix convoquer le lecteur et sa sensibilité à s’encourager des engagements de l’éditeur. La politique de bien des maisons les plus productives et les plus connues est devenue sans objet autre que d’inscrire dans le marché, pour une durée moyenne de deux à six mois, une fournée hebdoma-daire de livres, dans l’espoir que quelques-uns sauront trouver un public de circonstance et trouveront quelques mois plus tard une réplique dans une collection de poche à haut débit. La récurrence d’un label sur la table pourrait être une simple affaire de marques ; mais c’est dans les rayons du libraire que résident les attributs de l’éditeur, puisque c’est dans ce logement vertical et sur la tranche que sont mises à l’épreuve la capacité des œuvres d’un auteur à résister à l’usure du temps et celle de son éditeur à l’y accom­pagner. C’est dire qu’avant la reconnaissance par le libraire et son lecteur, par le critique, c’est en amont, dans l’alliance renouvelée de l’auteur et de son premier lecteur, l’éditeur, que se constitue chaque nouvel élément du catalogue. Ici, l’assemblage des singula­rités dont chacune fait l’objet d’une décision n’est le produit que d’une haute idée, d’une conception sans concession de l’édition.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-8649644191364652281?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/8649644191364652281/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=8649644191364652281&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8649644191364652281'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8649644191364652281'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/12/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_08.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-3399572177374386943</id><published>2009-12-04T03:22:00.000-08:00</published><updated>2009-12-04T03:28:23.739-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SxjyNpV_dYI/AAAAAAAAAEc/LLQaovkufuQ/s1600-h/Benardo+Carvalho3.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 155px; height: 233px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SxjyNpV_dYI/AAAAAAAAAEc/LLQaovkufuQ/s400/Benardo+Carvalho3.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5411341268535965058" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Des lecteurs généreux&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Bernardo Carvalho&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;"Il y a presque deux ans, au cours d’une rencontre littéraire à Cartagena, en Colombie, on a demandé à Jorge Heralde, fondateur des Éditions Anagrama, à Barcelone, comment il avait fait pour découvrir des auteurs de son catalogue qui écrivent dans des langues aussi inaccessibles que le hongrois et le finlandais. L’éditeur espagnol n’a pas hésité à révéler qu’il devait beaucoup à la France : il avait eu accès à ces auteurs grâce aux traductions françaises.&lt;br /&gt;Je partage cette dette. Je ne connais, parmi les principaux marchés de la littérature dans le monde aujourd’hui, aucun qui soit comparable à la France sur le plan de l’intérêt pour la littérature étrangère. Ma formation aurait été fortement compromise sans les traductions françaises d’œuvres que je n’aurais jamais connues ou lues dans leurs langues originales et qui ont été essentielles pour la constitution de mon répertoire littéraire et de ma maturation d’écrivain.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;C’est pourquoi je ne trouve pas étrange que justement en France, axe de cette triangulation entre des productions littéraires si lointaines et si diverses (et qu’on ne traduit pas d’habitude directement), il y ait une éditrice avec une large connaissance des littératures luso phones qui peut décider de ce qu’elle va publier sur la base de son évaluation personnelle des originaux en portugais et en espagnol. Pour un auteur brésilien comme moi, c’est une chance unique d’être publié en langue étrangère, non seulement par une éditrice qui mérite toute mon admiration et dont je me sens complice, mais qui lit mes livres en portugais et avec qui je peux les discuter sans intermédiaires.&lt;br /&gt;C’est un bonheur pour tout écrivain de se sentir chez lui dans la maison d’édition qui le publie. Dès le début j’ai reconnu aux Éditions Métailié le même type de considération que je reçois depuis presque vingt ans à Companhia das Letras, ma maison d’édition brésilienne. Plusieurs facteurs concourent à ce sentiment: outre la complicité linguistique et culturelle, la confiance mutuelle et la capacité d’Anne Marie à comprendre les projets de ses auteurs à l’intérieur des limites de chacun et à savoir les défendre. Cette capacité est le fruit d’une combinaison originale d’intelligence et de générosité. Le catalogue qu’elle a constitué au long de ces trente années révèle non seulement son hétérodoxie et sa largesse d’esprit mais aussi un extra ordinaire sens pratique et de la survie, grâce auquel elle peut garantir la réalisation de ses convictions personnelles.&lt;br /&gt;J’ai toujours été impressionné par la sensibilité des grands éditeurs pour reconnaître, souvent à contrecourant du consensus du marché, du public et de la critique, les œuvres qui peuvent changer les orientations de la littérature et que, parce qu’elles correspondent à une intuition personnelle et irréductible, ils s’obstinent à défendre comme s’ils luttaient pour leur propre vie. L’exemple incontournable et exceptionnel de Jérôme Lindon, surtout à cause de l’heureuse concomitance entre cette intuition et l’irruption d’une œuvre comme celle de Beckett suffirait à nous faire comprendre que la profession d’éditeur, en dépit de ce qu’on tente d’en faire aujourd’hui en la réduisant à la fonction de simple administration d’entreprise, exige une sensibilité et un talent ainsi qu’un grand sens de l’urgence et de l’actualité, que tout le monde n’a pas.&lt;br /&gt;En tant que lecteur idiosyncratique, j’admire de plus en plus la capacité qu’a un bon éditeur de lire, comprendre et se passionner pour des auteurs souvent incompatibles entre eux. Un bon éditeur doit être, avant tout, un excellent lecteur, ce qui signifie non seulement qu’il doit être un lecteur passionné, mais qu’à l’inverse des lecteurs passionnés et inconséquents comme moi, souvent victimes de leurs préjugés et de leurs dogmatismes, il doit reconnaître chaque projet littéraire à l’intérieur de ses limites, conformément aux particularités de chaque auteur – et non en opposition à ces dernières.&lt;br /&gt;C’est une chance pour un écrivain de pouvoir compter sur un éditeur qui sait lire et critiquer ce qu’il écrit avec une compréhension exacte de ce qu’il se proposait à l’origine, sans tenter de lui imposer un modèle idéal ou extérieur. Je serai toujours reconnaissant à ceux qui ont intégré, avec générosité, mes particularités à leurs projets éditoriaux.&lt;br /&gt;Il ne faut pas oublier qu’un éditeur affronte une réalité concrète qui ne fait en général pas partie des préoccupations des écrivains même si elle est la condition de possibilité de la publication de leurs œuvres. Et la façon dont certains éditeurs indépendants, fidèles à leurs intuitions et de plus en plus rares dans un océan de grandes entreprises commerciales, arrivent à mener leur barque sur leur route originale, en dépit des vagues et de la tempête, n’en est pas moins impressionnante. Métailié est l’une de ces rares maisons d’édition. Je suis d’autant plus heureux de faire partie de son catalogue pour pouvoir fêter ses trente ans.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Photo réalisée par Daniel Mordzinski.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-3399572177374386943?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/3399572177374386943/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=3399572177374386943&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/3399572177374386943'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/3399572177374386943'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/12/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_04.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SxjyNpV_dYI/AAAAAAAAAEc/LLQaovkufuQ/s72-c/Benardo+Carvalho3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-9183425005816829937</id><published>2009-12-01T10:21:00.000-08:00</published><updated>2009-12-01T10:28:40.501-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SxVgNq5J67I/AAAAAAAAAEU/oOIEgdUXahk/s1600/TAIBO_II_03.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 233px; height: 233px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SxVgNq5J67I/AAAAAAAAAEU/oOIEgdUXahk/s400/TAIBO_II_03.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5410336315324099506" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Des éditeurs et autres faunes merveilleuses&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Paco Ignacio Taibo II&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;J’ai eu autrefois en Pologne un éditeur qui avait toujours le nez très rouge et qui buvait de la vodka comme on se jette sur un ballon d’oxygène. Il me signa un contrat pour un roman et les années passèrent sans que le livre sorte, que l’avance soit payée ou que rien ne se passe. On me raconta qu’il était mort d’un infarctus dans une réunion d’auteurs de romans policiers à Berlin. Je pris sentimentalement congé de mon éditeur et considérai le livre comme perdu.&lt;br /&gt;Quelques mois après, à Prague, une femme qui buvait de la vodka comme du Coca-Cola arriva à une rencontre de l’Association internationale des auteurs de polar. Elle avait le nez très rouge et, si j’avais parlé polonais, je l’aurais trouvée très sympathique. Elle s’approcha de moi en parlant russe et, avec l’aide de la traduction de Justo Vasco, elle me dit qu’elle était la veuve qui avait hérité des contrats de son mari et qu’elle pensait publier mon livre. Je lui dis que j’étais ravi, qu’elle m’envoie l’avance et en avant. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Les années ont passé. Que je sache, le livre n’est jamais paru, l’avance n’est jamais arrivée et chaque fois que je vais en Europe de l’Est, j’espère rencontrer un couple de jeunes gens au nez rouge, héritiers de l’héritière et qui veulent publier mon livre.&lt;br /&gt;Quand on me demande pourquoi je n’ai pas de livre publié en Pologne je dois raconter cette histoire. Ce n’est ni la meilleure ni la pire de mes nombreuses histoires d’éditeurs.&lt;br /&gt;J’ai eu un éditeur japonais qui m’envoyait des lettres de quatre pages sans interligne demandant des précisions pour la traduction. À la deuxième lettre je lui ai suggéré de parler avec le concierge de l’ambassade mexicaine à Tokyo, il allait résoudre comme ça 90 % de ses questions sur le texte. Répondre à trois cents questions, c’était pour moi presque recommencer à écrire le livre et j’avais d’autres projets. J’ai essayé de faire passer la blague avec amabilité ; ça a semblé marcher car les lettres se sont arrêtées.&lt;br /&gt;Des mois après, le livre est arrivé, je l’ai mis sur une étagère et je l’ai oublié jusqu’au jour où un sociologue mexicain marié avec une Japonaise est venu chez moi à Mexico, je lui en ai offert un exemplaire. Il l’a feuilleté et m’a dit soudain :&lt;br /&gt;– Dis donc, pourquoi l’éditeur remercie le concierge de l’ambassade mexicaine pour sa collaboration ?&lt;br /&gt;Mais mon histoire préférée, c’est la russe. Un jour un fax est arrivé d’Union soviétique (c’était avant le mail) me prévenant et me demandant d’en informer Donald Westlake, qu’une édition pirate de nos romans était mise en circulation avec un tirage d’un million d’exemplaires. J’ai transmis le message à Donald qui m’a raconté que c’était la deuxième fois que cela lui arrivait.&lt;br /&gt;Quelques mois plus tard à un congrès à Moscou, j’ai demandé à mes amis russes si on pouvait tirer quelque chose de cette affaire.&lt;br /&gt;Arkadi m’a raconté que la maison d’édition était célèbre parce qu’elle changeait de nom tous les ans, ne payait pas ses dettes et renaissait sous un nouveau nom, à la même adresse et avec les mêmes magasins. Vive Sir Francis Drake ! Mais on pouvait quand même faire quelque chose.&lt;br /&gt;C’étaient les premiers temps de la Perestroïka et mes amis publiaient un hebdomadaire à succès qui avait souvent de graves problèmes avec les mafias et ils étaient armés. Nous sommes partis avec deux armoires à glace qui travaillaient au département expédition de la revue. Ma maison d’édition pirate favorite s’appelait maintenant Nouvelle Nouvelle Russie. C’était un hangar immense plein de caisses de livres avec au fond un étage où on montait par un escalier en colimaçon qui grinçait.&lt;br /&gt;Arkadi m’avait fait la leçon :&lt;br /&gt;– Si je t’appelle Taibo, tu fais non avec la tête et tu dis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Niet &lt;/span&gt;; si je t’appelle Paco tu fais oui avec la tête et tu dis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Da&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Je répétais les consignes dans ma tête pour ne rien faire foirer. Nous nous sommes retrouvés devant un grand bureau où un homme de cinquante ans, le front barré d’un seul sourcil et avec des poils qui lui sortaient des trous de nez, nous regardait d’un œil torve.&lt;br /&gt;Arkadi poussa deux cris, donna un coup de poing sur la table et m’interrogea.&lt;br /&gt;– Paco ?&lt;br /&gt;– &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Da&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;da&lt;/span&gt;, ai-je affirmé en remuant la tête de haut en bas.&lt;br /&gt;Arkadi poussa deux autres cris en direction de mon éditeur russe favori qui répondit par un grognement.&lt;br /&gt;– Taibo ?&lt;br /&gt;– &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Niet&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;niet&lt;/span&gt;, et je secouais la tête.&lt;br /&gt;Alors il sortit une bourse ronde en velours de quinze centimètres et la posa sur la table.&lt;br /&gt;– Paco ?&lt;br /&gt;J’ai répondu :&lt;br /&gt;– &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Da&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;da&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Arkadi a pris la bourse, me l’a cérémonieusement remise, a serré la main du grogneur et nous sommes sortis triomphants des éditions Nouvelle Nouvelle Russie.&lt;br /&gt;Peu après j’ai découvert que la bourse contenait de l’ambre, et un ambre très beau.&lt;br /&gt;– Il avait des Mushkas, disait Arkadi, et : je regrette c’est ce que j’ai pu lui soutirer de mieux. Il nous offrait six caisses de cognac arménien mais j’ai pensé que ce serait compliqué de l’emmener au Mexique.&lt;br /&gt;Une semaine après j’ai donné la bourse d’ambre à ma mère qui l’a vendue dans sa boutique de vêtements pour enfants et en a tiré cinq mille dollars.&lt;br /&gt;Mais peut-être que la meilleure histoire, c’est celle de mon éditeur-traducteur hindou qui n’était pas hindou mais californien et qui traduisait de l’espagnol mais ne savait pas écrire en espagnol. Mais, celle-là, elle est très compliquée et serait trop longue ici.”&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Photo réalisée par Daniel Mordzinski.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-9183425005816829937?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/9183425005816829937/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=9183425005816829937&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/9183425005816829937'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/9183425005816829937'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/12/textes-inedits-issus-du-catalogue-30.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SxVgNq5J67I/AAAAAAAAAEU/oOIEgdUXahk/s72-c/TAIBO_II_03.gif' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-383675244073350143</id><published>2009-11-30T06:07:00.000-08:00</published><updated>2009-11-30T06:10:49.618-08:00</updated><title type='text'>chronique de Luis Sepúlveda</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 110px; height: 165px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s400/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337092458184345074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;De l'importance du laxatif&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   En 1968, en pleine révolution culturelle chinoise, les gardes rouges, excités et enfiévrés par les millions de chiffons rouges dont Pékin était rempli, décidèrent que cette couleur serait celle du mouvement, de la marche irrésistible vers l’avenir. Il était donc contradictoire, bourgeois et contrerévolutionnaire que le rouge des feux de signalisation arrête, paralyse, immobilise les véhicules du prolétariat. Forts de cette conviction, des millions de jeunes gens sortirent dans la rue. A chaque carrefour, un garde rouge se chargeait d’obliger les conducteurs à ne pas tenir compte du feu rouge au grand mécontentement de la police de la circulation et de ceux qui voyaient leurs engins tout cabossés. Il y eut de la grogne, beaucoup de grogne mais les Chinois la ravalèrent, terrorisés par le pouvoir de ces gamins en uniforme et, pour éviter d’être consumés par la colère, ils ingurgitèrent des laxatifs, modernes ou traditionnels. C’est ce que raconte le prix de Nobel de littérature Gao Xinjiang. Maintenant, en se rappelant ces années, les Chinois se moquent des gardes rouges, des feux de circulation et d’eux-mêmes.&lt;br /&gt;  Le pouvoir d’un bon laxatif est incroyable. Au Chili, la meilleure marque est Laxatón dont la publicité déclare : « Ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui ».&lt;br /&gt;  &lt;span class="fullpost"&gt; Il y a environ six mois, dans une pharmacie madrilène où j’étais entré acheter de l’aspirine –je suis accro- je suis tombé sur un monsieur qui, sans cesser de se masser le ventre, a demandé si on pouvait lui conseiller un bon laxatif. La pharmacienne, très obligeante, l’a  interrogé pour savoir s’il en voulait un très puissant ce à quoi le monsieur, en tripotant toujours son ventre enflé, a répondu : oui mais pas au point de mettre en danger la banque espagnole affectée par la crise. Une polémique a alors éclaté : les uns critiquaient l’arrogance de cet homme qui exagérait sa capacité d’évacuation, d’autres lui recommandaient l’espagnolissime huile de ricin, d’autres encore l’accusaient d’être un de  ces irresponsables ayant contracté des emprunts sans se demander s’ils allaient ou non pouvoir les rembourser et, finalement, du seuil de la porte, une dame lui a conseillé de se masser l’estomac avec de l’eau bénite car elle n’avait jamais entendu parler de curés constipés.&lt;br /&gt;  Pendant que j’écris ces lignes, j’apprends que les pirates somaliens ont libéré l’Alakrana, un bateau de pêche capturé avec tout son équipage et gardé quarante six jours en otage. La rançon a coûté quatre millions de dollars dont – ô mystère-  nous ne saurons jamais s’ils proviennent du Trésor Public ou du cœur généreux des propriétaires de l’embarcation. Cette nouvelle a produit l’effet d’un bon laxatif sur les visages de plusieurs ministres qui, il y a une semaine, sentaient l’affaire leur échapper des mains et chez les dirigeants de l’opposition qui,  dans leurs efforts pour en tirer un avantage politique, ont renoncé à une digestion normale.&lt;br /&gt;  Le bateau était théoriquement espagnol car la plupart des membres de l’équipage étaient basques ou galiciens mais on a appris plus tard que ce chalutier, comme la majorité de ceux qui continuent à pêcher en face des côtes somaliennes, naviguait sous pavillon des îles Seychelles, un paradis touristique pour toutes sortes de gens malhonnêtes qui échappent ainsi aux impôts de leur pays d’origine. Ces individus dont les embarcations sillonnent les mers sous un numéro d’immatriculation et un pavillon des Seychelles ou d’autres paradis fiscaux, ne paient pas d’impôts en Espagne mais n’hésitent pas à exiger l’aide de l’état pour affronter la crise globale du capitalisme. Ils digèrent donc très bien et n’ont pas besoin de l’effet bénéfique d’un bon laxatif.&lt;br /&gt;  L’affaire de l’Alakrana s’est bien terminée pour les membres de l’équipage qui sont rentrés chez eux saints et saufs mais la Somalie sera toujours là, face à la corne de l’Afrique, comme l’un des pays les plus dévasté de la planète à la suite d’une intervention militaire de l’occident qui s’est terminée comme une ingestion excessive de laxatif. Après la bataille de Mogadiscio du 3 et 4 octobre 1973, seule restait à piller sa richesse marine. Des milliers d’embarcations  de toutes les flottes occidentales se sont concentrées devant ses côtes pour y pêcher, sans payer de droits ni respecter les époques interdites ou les espèces en voie de disparition. La piraterie est née comme un acte de résistance des pêcheurs somaliens devant la spoliation de leur unique richesse mais aucun gouvernement, aucune entreprise de pêche ne le reconnaît car cela entraînerait pour eux des difficultés digestives. Et comme l’occident doit continuer à consommer du poisson somalien, les bateaux de pêche transporteront désormais des mercenaires payés par le Trésor Public des pays consommateurs de poisson pour repousser les pirates. Ils ne seront, en aucun cas, à la charge des îles Seychelles ou de tout autre paradis fiscal sous le pavillon desquels ils naviguent et se livrent au pillage.&lt;br /&gt;« Ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui ». Quelle sagesse peut contenir la publicité d’un laxatif, pris avec une modération politiquement correcte, bien entendu !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-383675244073350143?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/383675244073350143/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=383675244073350143&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/383675244073350143'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/383675244073350143'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/11/chronique-de-luis-sepulveda.html' title='chronique de Luis Sepúlveda'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-7592215100811137627</id><published>2009-11-27T03:03:00.000-08:00</published><updated>2009-11-27T03:08:44.510-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;br /&gt;De la multiplication des salamandres noires ...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Anne-Marie Carlier, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Librairie des Halles&lt;/span&gt;, Niort&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;“Un tour rapide dans ma bibliothèque… 20 ans de librairie, 30 ans d’édition pour Anne Marie Métailié et, ce soir, je chasse les salamandres… Je n’y arriverai jamais ! Elles sont partout ! Sur les étagères des littératures hispaniques, hispano-américaines, portu­gaises, allemandes, anglaises, polardeuses…&lt;br /&gt;20 ans de lectures, 20 ans de rencontres, et des liens qui se tissent, de plus en plus professionnels et ami­caux… Je me permettrai ici de voler l’expression d’André Schiffrin pour dire qu’il n’y a pas « d’édition sans éditeurs », et que toutes ces salamandres noires, estam­pillées sur les tranches, reconnaissables au premier coup d’œil, sont bien l’œuvre de 30 ans de travail d’une éditrice ! Tout un trésor ! Tout un patrimoine ! Ou, tout simplement, un catalogue !&lt;br /&gt;Mais quel est ce livre, le premier à s’immiscer, le pre­mier lu, le premier conseillé de ce catalogue ? D’ailleurs est-il encore là ? Sûrement prêté… car je sais que les bons livres ne reviennent jamais ! Mais je suis sûre qu’il est sur les rayonnages de la librairie ! Alors ? &lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Vieux qui lisait des romans d’amour &lt;/span&gt;? Avec cette belle ren­contre à la fête du livre de Bron, avec Luis Sepúl­veda… qui m’ouvrait la porte sur tant d’autres… Paco Taibo II, et plus tard Sarabia, puis Hernán Rivera Letelier… Mais avant, bien sûr, Leonardo Padura (mais, d’ailleurs, que fait-il ? J’en voudrais tellement un nouveau à me mettre sous la dent !), mais non, ça ne va pas, j’oublie &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Sourire étrusque&lt;/span&gt; de José Luis Sampedro… et cette petite perle (encore une !) de Tschinag : C&lt;span style="font-style: italic;"&gt;iel bleu &lt;/span&gt;! Et puis, ce choc à la lecture des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Démons à ma porte&lt;/span&gt; de Fajardo… Non… je vais me faire des ennemis ! Pas possible de tous les citer, bien sûr ! Parce qu’il y a aussi James Meek, oh, et puis &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Armées&lt;/span&gt; de Rosero, Karla Suárez, Jim Grimsley, Lídia Jorge, Agustina Bessa-Luís, José Ángel Mañas, Jesús Díaz… et je ne parle pas de ceux, prêts à se dévoiler et tellement fantasmés, encore sur les piles au pied du lit !&lt;br /&gt;Que de compagnons de route, arrivés sans crier gare ! Que de coins du monde, ou de la pensée, explorés ! Que d’heures de lecture abolissant toute notion de temps ! Soit parce que Anne Marie en avait parlé… Ah ! L’enchan­tement des matins au petit réveil où sa voix résonne sur les ondes ! Soit parce que Lise a glissé un livre dans nos courriers avec un petit mot… petite étincelle entre la pile de factures… soit parce que le représentant nous fait « bisquer », ouvrant la porte à une merveilleuse histoire à venir !&lt;br /&gt;Toujours cet émerveillement à l’ouverture des cartons de nouveautés… le voici enfin, le livre tant attendu, on va pouvoir le partager ! Et cet autre… aurai-je le temps de le lire ? De le conseiller ? Mais il est là ! Et il aura sa place sur les tables, attendant et faisant de l’œil à un passant lecteur ! S’il est là, c’est que je sais qu’Anne Marie a pris des risques en le publiant, qu’elle ne l’a pas fait par hasard ! Alors moi aussi, libraire, je me dois d’en prendre et d’inviter les clients de la librairie à me suivre !&lt;br /&gt;Mon enthousiasme, chaque matin, à me dire que libraire est le plus beau métier du monde dépend en effet de ce travail de découvreur qu’est celui d’éditeur ! Savoir que l’on va pouvoir conseiller ce livre lu jusqu’à tard, ou tel autre, parce qu’un véritable éditeur en a fait le choix ! Savoir que la librairie est habitée par ces ouvrages nourris par la fougue de celle qui nous en a fait cadeau et nous le donne à lire, et à faire lire !&lt;br /&gt;Impossible, alors, de ne pas être au rendez-vous !&lt;br /&gt;Et lorsque j’imagine Anne Marie, arpentant textes, mais aussi kilomètres pour rencontrer ses auteurs, et les lecteurs, pour parler du prix unique du livre et de bibliodiversité avec cette énergie et cette passion que j’admire, je ne peux que dire : chapeau bas ! Et longue vie aux salamandres noires, à celles déjà publiées et à celles à venir !”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-7592215100811137627?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/7592215100811137627/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=7592215100811137627&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/7592215100811137627'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/7592215100811137627'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/11/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_27.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-4000228248252899614</id><published>2009-11-24T23:48:00.000-08:00</published><updated>2009-11-24T23:57:57.183-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Le jour où Indiana Jones n'est pas arrivé à la gare Montparnasse&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Luis Sepúlveda&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Swzi9vl2cEI/AAAAAAAAAEE/EP01k2bUnZY/s1600/Sepulveda-Toscana_01.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 350px; height: 233px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Swzi9vl2cEI/AAAAAAAAAEE/EP01k2bUnZY/s400/Sepulveda-Toscana_01.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5407946802940244034" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;Dix-sept ans ont passé depuis ce moment où je sortais d’une maladie qui avait été sur le point de : a) m’envoyer ad patres ou b) me clouer dans un fauteuil roulant.&lt;br /&gt;Quand j’étais l’hôte de la prison de Temuco au Chili j’avais contracté la tuberculose, une maladie très littéraire, mais comme j’étais un type robuste je n’avais manifesté aucun symptôme, jusqu’à ce que, des années plus tard, elle se transforme en une tuberculose osseuse qui dévorait ma colonne vertébrale.&lt;br /&gt;A l’hôpital où je me remettais lentement, ma plus grande occupation consistait à jouer aux cartes avec mes trois fils, nés en Allemagne, et quand j’étais seul je regardais les lumières du port depuis mon lit et je me disais que la vie était encore très belle. J’aimais Hambourg, j’avais une famille et de plus j’avais écrit mon premier roman, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Vieux qui lisait des romans d’amour&lt;/span&gt;, livre qui était arrivé jusqu’à une éditrice française disposée à le publier.&lt;br /&gt;Un jour de printemps j’ai quitté l’hôpital. Je marchais en m’aidant de deux cannes et mon dos était maintenu par un corset d’acier qui me donnait un air de Frankenstein prétentieux. Les médecins m’avaient interdit de voyager, de soulever des poids, de me pencher, et je devais toujours rester à proximité d’un hôpital en cas d’urgence. C’est alors qu’arriva une lettre d’AMM m’invitant au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo pour présenter la version française de mon roman.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;Quand j’ai annoncé au bon docteur Schönberg ma décision d’aller à Paris et de là en Bretagne, le dialogue entre le médecin et son patient s’est transformé en un chapelet d’insultes mutuelles, qui n’ont cependant pas affecté notre amitié.&lt;br /&gt;Pendant le vol de Hambourg à Paris, je me demandais à quoi ressemblerait mon éditrice, je n’avais jamais vu de photo d’elle et dans mon imagination d’homme sortant d’une tuberculose, une éditrice était nécessairement une dame grassouillette portant des lunettes et, je ne m’explique toujours pas pourquoi, dégageant une indéniable odeur de café. Une éditrice selon ma perception d’alors devait toujours être assise derrière une montagne de manuscrits, et dans le cas d’une éditrice française mon imaginaire indiquait qu’il devait nécessairement y avoir dans son bureau une photo dédicacée de Hemingway, et qu’au fil du temps elle m’avouerait une histoire d’amour secrète avec le grand écrivain.&lt;br /&gt;Comme tous les écrivains – ceux qui le nient sont des hypocrites –, je rêvais de voir mes livres traduits en français et publiés en France. Une autre préoccupation récurrente était de rêver au nom de mon éditeur, éditrice, et à celui de la maison d’édition. J’avais entre autres projets de vie de refuser systématiquement de publier des livres dans des maisons d’édition portant des noms peu littéraires : « Éditions de la Grenouille », « La Plume de sang » et des choses dans ce genre. En réalité le nom de Anne Marie Métailié me paraissait chan tant, mystérieux, très littéraire, et celui de la maison, Éditions Métailié, me donnait un frisson de satisfaction chaque fois que je le prononçais.&lt;br /&gt;Peu avant l’atterrissage à Paris j’avais décidé que mon éditrice devait être une femme très fortunée habitant une belle maison entourée de brume près de la mer. Peut-être l’héritière de quelque famille noble qui sacrifiait sa fortune au mécénat littéraire.&lt;br /&gt;À l’hôtel j’ai rencontré des gens que je connaissais de nom : les Mexicains Eraclio Zepeda et José Agustin. Quand je me suis approché d’eux, appuyé sur mes cannes, raide comme un poteau télégraphique, et que je me suis présenté, j’ai remarqué qu’ils m’observaient avec un trouble impossible à dissimuler.&lt;br /&gt;J’ai bu avec eux mon premier verre de vin depuis sept mois et, me sentant en confiance, je leur ai demandé ce qui avait bien pu les déconcerter.&lt;br /&gt;Ils m’ont répondu qu’avec une vie aussi agitée que la mienne, un type qui avait été guérillero, marin, avait pratiqué plusieurs autres disciplines fâchées avec la littérature, devait forcément ressembler à Indiana Jones et non à un vétéran prématurément déglingué. Le lendemain j’avais rendez-vous avec AMM. Nous devions nous rencontrer directement sur le quai du train pour la Bretagne. Je marchais avec mes cannes en cherchant une dame avec un aspect indéfinissable d’éditrice et j’espérais que si elle attendait Indiana Jones, mon aspect ne la décevrait pas. Soudain j’ai vu une très belle femme, aux yeux verts intenses, habillée d’une façon qui m’a mis à l’aise car son allure invitait aux barricades. Elle portait un blouson en cuir, comme ceux qu’on recommandait pour les combats de rue des années 70, car ils amortissaient les coups de matraque de la police, résistaient à l’eau des canons anti-émeutes et protégeaient du froid dans les cellules où on finissait en général. Mais cette femme arrivait à rendre le blouson élégant, peut-être majestueux, et j’ai immédiatement su que c’était mon éditrice, et qu’elle allait être mon éditrice et mon amie pour le reste de ma vie.&lt;br /&gt;Il n’y a pas eu de déception dans son regard, ou s’il y en eut elle a très bien su le cacher, ou peut-être n’attendait-elle pas Indiana Jones.&lt;br /&gt;Je me souviens que dans le train et plus tard à Saint-Malo nous avons parlé de tout, de livres, d’autres auteurs, et, tout en profitant de la formidable hospitalité bretonne, elle se révéla – c’est l’opinion unanime de tous les Latino-Américains qui étaient là – une amie solidaire, fraternelle, gaie et bonne connaisseuse de ce que nous écrivons, nous qui sommes nés de l’autre côté de la grande mare.&lt;br /&gt;De nombreuses années ont passé, c’est vrai, mais chaque fois qu’on me demande « Qui te publie en France ? », je bombe le torse, une voix de chanteur de tango me vient aux lèvres, dans le genre Goyaneche « le polac », et je dis « Éditions Métailié » avec satis faction et fierté, car c’est une véritable fierté de faire partie de « l’écurie » d’Anne Marie.&lt;br /&gt;Elle a publié toute mon œuvre, elle m’a offert son amitié, mais ce dont je la remercie surtout, c’est d’avoir été implacable à l’heure si nécessaire de la critique. Et tout cela a commencé le jour où Indiana Jones n’est pas arrivé à la gare Montparnasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-4000228248252899614?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/4000228248252899614/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=4000228248252899614&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4000228248252899614'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4000228248252899614'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/11/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_24.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Swzi9vl2cEI/AAAAAAAAAEE/EP01k2bUnZY/s72-c/Sepulveda-Toscana_01.gif' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-4216639329539184600</id><published>2009-11-20T00:47:00.000-08:00</published><updated>2009-11-20T00:54:34.446-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Une éditrice à l'ancienne&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: arial;"&gt;Guillermo Schavelzon, &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-family: arial;"&gt;Agent littéraire&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;AMM est une éditrice à l’ancienne : elle est l’un de ces rares éditeurs qui lisent personnellement les manuscrits entiers pour décider quels sont ceux qu’ils vont publier ou pas. Cela ressemble à une plaisanterie, mais ce n’en est pas une. Elle sélectionne ses auteurs avec soin.&lt;br /&gt;La concentration vertigineuse qui s’est produite dans les dernières années dans le monde de l’édition a eu pour conséquence que les éditeurs qui s’occupaient auparavant de 20 livres en ont en charge maintenant 120 et, en même temps, deux ou trois collections. Dans&lt;br /&gt;les grandes entreprises la décision éditoriale a été transférée de l’éditorial vers le département commercial et le marketing. Le comité éditorial traditionnel se compose maintenant des spécialistes de la vente et de la promotion armés de listings statistiques, d’analyses&lt;br /&gt;de tendances, d’études de marché et de tout un attirail d’arguments sur ce qui se vend et ce qui ne se vend pas. Bien qu’on ne le dise pas ouvertement, ce sont exclusivement les possibilités de vente qui décident de la publication d’un texte.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;Il y a 10 ans, les théories du marché sont devenues dominantes, et pendant toute cette période on a répété à saturation qu’il fallait publier &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ce que demande le marché&lt;/span&gt;, alors que, paradoxalement, on ne sait jamais ce que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;demande&lt;/span&gt; le marché, on ne peut savoir que ce que le marché &lt;span style="font-style: italic;"&gt;a demandé&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Des enquêtes sophistiquées recherchent les éléments communs à tous les livres à grand succès, et l’actionnaire ou son représentant exigent que l’éditeur publie plus de la même chose : ce qui a déjà marché. Pour parier sur une prétendue certitude et éviter tout risque.&lt;br /&gt;AMM est un éditeur qui a réussi à échapper à ces théories puisque depuis 30 ans elle publie &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ce que le marché ne veut pas lire&lt;/span&gt;. Au lieu de travailler &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pour le marché&lt;/span&gt;, elle travaille &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pour les lecteurs&lt;/span&gt;, ce qui marque une différence conceptuelle. Ce n’est qu’en publiant ce que le marché ne veut pas lire qu’il est possible de faire des investissements littéraires, de construire un univers de lecteurs fidèles, parier sur une continuité et obtenir que de plus en plus de gens se rapprochent du livre et de la lecture.&lt;br /&gt;AMM sait que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;le marché&lt;/span&gt; n’est qu’une abstraction mensongère, qui a priori ne veut rien lire, n’est fidèle ni à un auteur, ni à une collection, ni à une marque éditoriale. Ce fantôme collectif achète parfois ce qui s’impose pour des raisons médiatiques, ce qui détermine qu’à coups d’achats compulsifs un livre devient soudain un succès de vente extraordinaire. Mais on ne sait pas qui et combien de personnes le lisent. Il n’y a pas non plus de règles garantissant qu’à l’avenir &lt;span style="font-style: italic;"&gt;le marché&lt;/span&gt; réagira de la même façon.&lt;br /&gt;Après une décennie terrible pour les lecteurs et les éditeurs, toutes ces théories sur le marché commencent à être remises en question. La destruction des principes discrédités qu’on nous a rabâchés jusqu’à l’épuisement, c’est ce que nous appelons &lt;span style="font-style: italic;"&gt;la crise&lt;/span&gt;, les conséquences d’un désastre que nous subissons. Il faut citer ici l’ex-président Bush qui, quelques jours avant la fin de son funeste mandat, alors que tout le système s’effondrait, a déclaré : « Il semble que le marché n’a pas toujours raison. »&lt;br /&gt;Je peux en donner ici deux preuves : si le secret pour vendre des livres c’était de publier ce que demande le marché, il n’y aurait pas autant d’échecs. Et il n’arriverait pas que parmi les dix livres les plus vendus aux États-Unis et en France il y en ait six qui soient des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;bestsellers inattendus&lt;/span&gt;. Des livres achetés avec de faibles à valoir et des prévisions de ventes basses (cf. pour 2007 &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The New York Times&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Monde&lt;/span&gt;). « Le best-seller n’est plus prévisible », a déclaré Paolo Zaninonni, directeur éditorial du Groupe Rizzoli.&lt;br /&gt;Les grands succès de vente sont indispensables pour l’économie de l’édition, mais comme ils ne sont pas prévisibles, la seule solution c’est de prendre des risques et de parier. C’est la raison de la quantité de nouveaux titres par an, un thème qui fait beaucoup parler. Si on pouvait prévoir les best-sellers, les grandes maisons d’édition ne publieraient pas 500 titres par an mais 10 seulement.&lt;br /&gt;Voyons un autre aspect d’une apparente modernité ; AMM n’a pas décidé de créer sa filiale d’édition numérique, ce qui peut donner à penser qu’elle n’est pas moderne. Je crois qu’elle sait que le risque pour l’avenir du livre tel que nous le connaissons aujourd’hui, ce n’est pas le livre électronique, mais la publication de textes mal choisis et mal édités. À court terme, le risque c’est aussi la diminution des pages culture des journaux papier et la disparition ou la transformation des suppléments littéraires en pages &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tendances&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Quand une œuvre de qualité devient un succès de vente, c’est que dès le début elle répond à des prémisses aussi fondamentales qu’anciennes : le plein appui des bons libraires, la diffusion par l’intermédiaire des pages culture et la critique des suppléments littéraires. Le reste, ce sont les lecteurs qui le font en recommandant le livre qu’ils ont lu, et ensuite on en parle à la radio ou à la télévision.&lt;br /&gt;On voit qu’à l’ère du numérique ce sont toujours les libraires traditionnels et les pages culture – deux secteurs écartés des grandes opérations de marketing – qui rendent possible le succès de vente d’un livre.&lt;br /&gt;AMM ne méconnaît pas ces tournants, c’est pourquoi elle parie sur un développement véritable de l’activité éditoriale.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-4216639329539184600?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/4216639329539184600/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=4216639329539184600&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4216639329539184600'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4216639329539184600'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/11/textes-inedits-issus-du-catalogue-30.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-4798624654871894891</id><published>2009-10-28T11:22:00.000-07:00</published><updated>2009-11-17T06:15:44.658-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SwKvbXmpKjI/AAAAAAAAAD8/eeLqx1riUwA/s1600/Osorio_Elsa.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 155px; height: 233px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SwKvbXmpKjI/AAAAAAAAAD8/eeLqx1riUwA/s400/Osorio_Elsa.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5405075387525442098" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;L'équipe des lecteurs&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Elsa Osorio&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Sucsae5pOjI/AAAAAAAAAD0/YMfszwinyxc/s1600-h/photo_post2.gif"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;J’ai eu la chance – parfois la malchance – d’avoir des éditeurs de toutes sortes. Depuis le premier, Losada, un grand éditeur, qui publia en Argentine pendant un quart de siècle les œuvres que l’ignorance du franquisme interdisait, jusqu’à un baratineur qui lança une proposition éditoriale novatrice, récolta la crème du panorama local et du jour au lendemain s’enfuit du pays, droits d’auteur en poche. Ensuite il n’y  veut qu’un pas vers l’énorme groupe éditorial qui avait des filiales dans différents pays. Je vivais à cette époque en Argentine, aussi je priais pour que l’éditeur soit solide, qu’il ne disparaisse pas. Ce que je ne savais pas, c’est que dans les filiales latino-américaines des grands groupes, c’est l’auteur qui disparaît, condamné, dans le meilleur des cas, à ne jamais sortir de son pays, et dans le pire, à être jugé par des myopes idéologico-littéraires qui écartent son œuvre si elle ne répond pas aux exigences attendues.&lt;br /&gt;Mais j’ai appris. Pas à l’issue de grandes réflexions : par hasard. Je vivais en Espagne lorsque j’ai décidé que l’unique condition que devait remplir mon éditeur était : ne pas être argentin, ne pas avoir le moindre lien commercial, intellectuel ou affectif avec ce que j’appelais « ce pays ». Il en fut ainsi, ce roman si douloureusement argentin qu’est &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Luz ou le temps sauvage&lt;/span&gt; fut publié par une petite maison de Barcelone, qui faisait de très jolis livres et n’avait pas de filiale en Amérique latine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;On pourrait croire que le récit s’achemine vers l’une de ces merveilleuses histoires de rencontre entre un auteur et un éditeur visionnaire et enthousiaste digne du livre de Siegfried Unseld, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’Auteur et son éditeur&lt;/span&gt;. Eh bien non, rien à voir. Je n’ai jamais su pourquoi ils avaient choisi mon livre : un lecteur qui avait quitté la maison, un conflit à propos de deux livres qui se résout sur un troisième, justement le mien, un hasardeux concours de circonstances, qui sait. Ce qui est certain, c’est que la directrice de la maison préférait de loin le roman d’un autre auteur qui était sorti le même mois et qu’elle ne cachait pas son dépit devant les réactions disproportionnées et généreuses de la critique et des lecteurs à l’égard de mon livre.&lt;br /&gt;Pourtant, c’est dans cette curieuse maison d’édition de Barcelone que se trouvait la porte entrouverte qu’ont franchie différents éditeurs de divers pays. Je fus la première surprise. Comment une histoire aussi argentine pouvait-elle intéresser un Finlandais, un Turc, alors qu’elle n’avait intéressé aucun éditeur argentin ? J’ai été émue que tant de personnes qui ne me connaissaient pas parient sur mon roman, alors que ceux qui me connaissaient, y compris ceux qui m’avaient éditée, voulaient que je l’oublie. Je suis très reconnaissante à tous ces éditeurs. Ils sont nombreux et différents. Plusieurs sont toujours mes éditeurs. Je n’ai jamais fait la connaissance de certains (et par superstition je préfère ne pas les connaître : mes livres marchent bien dans leurs pays et si j’y vais et que je dis une bêtise, je change mon image et je perds mes lecteurs) ; avec d’autres j’ai eu peu d’échanges mais essentiels pour me mettre sur le chemin d’un livre (le projet de mon nouveau livre est à mettre sur le compte de Luigi Brioschi, de Guanda) ; avec certains éditeurs j’ai établi des liens fondamentaux.&lt;br /&gt;C’est par cette porte qu’est entrée Michi Strausfeld, l’éditrice de Suhrkamp. La connaître, apprendre avec elle, a marqué une étape de ma vie professionnelle. Un an et demi après je déjeunais à Francfort avec Siegfried Unseld lui-même, le grand éditeur. La conversation a été aussi émouvante que difficile, du moins au début, car mon anglais est affreux. Après les salutations préliminaires où je peux faire illusion, Siegfried a déclaré qu’il était heureux et fier de me connaître, et que je sois un auteur de sa maison. J’ai répété la phrase avec à la fin un pathétique too, du genre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;I’m happy too, I’m fière too&lt;/span&gt;. Un rôle lamentable pour celle qui faisait partie de ce catalogue que Siegfried déployait avec orgueil sous mes yeux gourmands, celui de l’Amérique latine dirigé par Michi Strausfeld, qui semblait être la réplique de ma bibliothèque puisque ses auteurs étaient aussi mes auteurs préférés. Le catalogue a dû me donner du courage, parce que j’ai parfaitement compris les paroles sages de Unseld – qui sont toujours présentes en moi – et pour me détendre, pour l’écouter avec des sous-titres, je lui ai demandé de me raconter l’histoire, que je connaissais bien pour l’avoir lue dans son livre, de Peter Suhrkamp et Herman Hesse. Ensuite, sur le stand de la Foire de Francfort j’allais voir Adorno, Beckett, Rilke, Brecht, Kafka. C’était un catalogue de rêve et c’était en même temps être chez soi. Un autre catalogue allait devenir important dans ma vie, celui des Éditions Métailié. Car en faire partie, surtout du « nôtre », celui de la Bibliothèque hispanoaméricaine, c’est très spécial, je pourrais dire de façon pompeuse que c’est un honneur, mais je préfère écrire : c’est une chance. Une chance méritée évidemment.&lt;br /&gt;Parce que nous sommes de bons lecteurs. Une chance parce que nous sommes vivants, nous nous lisons, nous voyons dans des rencontres d’écrivains à travers le monde, ou dans quelque ville où nous nous retrouvons, nous mangeons ensemble, nous parlons, nous racontons des histoires vraies ou inventées, nous rions, nous disons du mal des éditeurs, des agents, des attachés de presse, nous échangeons des mails, nous partageons lectures et enthousiasmes, nous nous recommandons des auteurs, des livres, des informations, nous nous réjouissons quand l’un de nous termine un livre, nous attendons de le lire avec impatience et, s’il nous plaît, nous le recommandons partout et, si nous ne connaissons pas un auteur parce qu’il est nouveau et que nous ne nous sommes jamais rencontrés nulle part, nous le lisons immédiatement et nous sommes dans de bonnes dispositions à son égard, nous sommes presque sûrs qu’il va nous être sympathique (l’incroyable, c’est que ça arrive). C’est – nous sommes – une équipe, un club. « Nous en sommes », comme disait le slogan d’une carte de crédit. Comme il y a des supporters du Barça, de River, de l’Olympique de Marseille, nous, nous sommes de Métailié. Daniel Mordzinski – l’un de ses membres les plus remarquables –, qui a photographié tout un groupe d’écrivains avec des maillots de foot sur le stade de Gijón, l’a dit avant moi. Évidemment pour constituer cette équipe il a fallu une lecture, celle de l’éditrice.&lt;br /&gt;J’ai fait sa connaissance à Madrid, un peu avant qu’elle ne publie mon roman. De ce premier contact je me souviens de la belle lumière que crée la coupole du Palace à la fin de l’après-midi et de la joie pudique que j’ai ressentie en apprenant qu’elle avait publié non seulement le génial nouvelliste uruguayen Horacio Quiroga, mais aussi l’extraordinaire poète brésilien Drummond de Andrade, dont les vers ont accompagné ma jeunesse. Je me suis dit : elle lit et lit bien, et cela a fait naître une complicité immédiate. Une complicité qui a grandi au fur et à mesure que nous nous sommes mieux connues.&lt;br /&gt;Neuf ans ont passé avec des rencontres, présentations, salons, conversations en grand nombre et le lien de la lecture est toujours vivant et de nouveaux bourgeons reverdissent. Je connais des éditeurs qui n’aiment pas la lecture, qui ne lisent pas, il en est même qui détestent les livres, je n’exagère pas. Il est évident qu’un éditeur doit être plus qu’un bon lecteur, il doit conjuguer la lecture avec des aptitudes de gestionnaire sur lesquelles je n’ai pas d’avis parce que ce n’est pas mon truc, mais je peux affirmer que pour un auteur il est important d’avoir un éditeur qui lit, qui lit le plus qu’il peut, qui trouve le temps, le désir et l’enthousiasme pour continuer à lire. Et tant mieux si son côté pratique, gestionnaire, sa vision du marché, quelle que soit la façon dont on l’appelle, ne déforme pas son jugement, et encore moins son plaisir de lecteur. Ma bibliothèque s’est enrichie ces dernières années des versions en espagnol du catalogue français de Métailié. Plus qu’une simple coïncidence, une affinité de lecture, c’est la reconnaissance du lecteur pour l’excellence d’un professionnel de l’édition, un éditeur-lecteur.&lt;br /&gt;Lorsque j’essaye de m’expliquer cette entente, cette harmonie, ce désir bienveillant qui circule entre les membres de cette « équipe », exceptionnelle dans un monde de vautours, je pense que le fil qui tisse cette trame subtile entre les auteurs de la maison Métailié, c’est la lecture. Tous les auteurs que j’ai connus là, de même que l’éditrice, cultivent comme moi le plaisir de la lecture. D’où la chance de « l’équipe ». Merci, Anne Marie, et bon anniversaire.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-4798624654871894891?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/4798624654871894891/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=4798624654871894891&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4798624654871894891'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4798624654871894891'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/10/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_7228.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SwKvbXmpKjI/AAAAAAAAAD8/eeLqx1riUwA/s72-c/Osorio_Elsa.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-1419985835024054186</id><published>2009-10-28T11:19:00.000-07:00</published><updated>2009-11-13T07:49:30.440-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Raphaëlle Rérolle&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Critique littéraire au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Monde&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Sucsae5pOjI/AAAAAAAAAD0/YMfszwinyxc/s1600-h/photo_post2.gif"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;“Certains souvenirs sont fragiles comme du verre, d’autres ont le cuir épais – tout le monde sait cela. Et même si leur degré de résistance au temps semble parfois n’obéir à aucune logique, il n’en est évidemment rien. À bien y réfléchir, ces événements plus ou moins isolés, qui flottent à la surface d’un océan de choses oubliées, sont presque toujours des balises importantes. Ainsi en va-t-il de mon tout pre­mier souvenir d’AMM, qui émerge avec une netteté saisissante.&lt;br /&gt;Depuis que je suis journaliste, j’ai sillonné régu­lièrement les allées du Salon du livre de Paris, la plupart du temps sans plaisir – donc sans que l’événement laisse beaucoup de traces. Les années passant, ces manifestations se sont peu à peu fondues en un grand moutonnement de figures obligées dont rien ne m’est resté, sauf pour deux d’entre elles. Dans les deux cas, le salon a été associé à une personne, à une rencontre, la première en date étant celle d’Anne Marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;C’était en 1986, peut-être 1987. Je l’avais déjà aper­çue dans des circonstances dont je n’ai pas gardé la mémoire, mais c’est là, dans les allées surpeuplées du Grand Palais, un soir d’inauguration, que je la “vois” pour la première fois. Pas seulement parce qu’elle était très belle et un peu ironique, mais parce qu’elle était, discrètement, ailleurs. Même pour quelqu’un d’assez inexpérimenté, comme je devais l’être à l’époque, il n’était pas difficile de remarquer une chose aussi fla­grante : cette femme qui semblait si profondément dotée de toutes les compétences et de tous les atouts pour faire partie du milieu, n’avait pas décidé de jouer le jeu. Pas complètement. « Quel ennui », je dérivais au hasard des allées.&lt;br /&gt;« Je voudrais tellement m’en aller. » « Moi aussi », m’avait-elle répondu, avec un sourire qui n’enlevait rien à la vigueur de son désir de fuir. « Moi aussi ! »&lt;br /&gt;Être ailleurs. Ce souhait n’était pas une tocade. Tou­jours elle a gardé au moins un pied en dehors du circuit des jeux de pouvoir et des conflits de micro­cosme. Toujours elle a regardé sur les côtés, fouillant les litté­ratures lointaines, les disciplines trans­verses, les espaces encore inexplorés. Et le tout sans jamais céder sur l’essentiel, qui consistait à trouver de bons livres, à défendre ses auteurs (et avec quelle ferveur, quelle opiniâtreté !), à promouvoir sa concep­tion de la litté­rature. Au fond, dès mes débuts, Anne Marie a mis en évidence un certain rapport à l’authenticité : on peut être un excellent professionnel et ne pas se perdre en conduites coudées, manœuvres latérales, discours à double ou triple fond, qui, tous, au bout du compte, vous font perdre plus d’énergie qu’ils ne vous rap­portent de vrais bénéfices. À sa manière elle était dans ce qui la passionnait – absolument dedans – et en dehors du reste. Ailleurs.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-1419985835024054186?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/1419985835024054186/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=1419985835024054186&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/1419985835024054186'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/1419985835024054186'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/10/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_5701.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-5760694753292025068</id><published>2009-10-28T11:17:00.000-07:00</published><updated>2009-11-10T06:22:50.139-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Traversées&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Collection dirigée par Pascal Dibie&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Un Quadrangle d'Or&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Sucsae5pOjI/AAAAAAAAAD0/YMfszwinyxc/s1600-h/photo_post2.gif"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Qu’est-ce à dire ? J’ai su, oui je crois que j’ai su très exactement en 1982, lorsque j’ai commencé à travailler aux éditions, ce pour quoi je me trouvais là. Pour y être, il avait fallu que je définisse mon désir afin de le faire passer. Il fallut avant tout qu’il fût provoqué ! En effet, pourquoi faire de l’édition comme ça, tout à coup… non, pas tout à coup, je crois que personne ne peut se lancer dans l’édition sur un coup de coeur, pour une bonne raison que cela a tout d’un coup de tête, d’un engagement réfléchi, longuement mûri, qui vous pousse pour quelque obscure raison de l’autre côté du livre. En vérité, j’aimerais savoir ce qui m’a pris, ce qui m’a fait sauter le pas, passer de simple lecteur à éditeur ? Une idée forte, nécessaire, définitive, une idée qui ne m’a toujours pas quitté : le désir et le besoin de faire partager mes  enthousiasmes. Peu enclin à monter une entreprise (l’édition, hélas, c’est aussi et avant tout du commerce), mon cas est, comme beaucoup de « directeurs de collection », lié a une rencontre avec un éditeur. Pour moi ce fut un joli accident. J’avais lu un livre qui m’avait emballé, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nus, féroces et anthropophages&lt;/span&gt;, que je chroniquai pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Quinzaine littéraire&lt;/span&gt; où m’avait présenté mon ami Jacques Meunier, lui même peu ou prou éditeur. C’est également lui qui me fit rencontrer AMM, l’éditrice de ce texte de 1587 dont elle n’était de toute évidence pas contemporaine. Nous parlâmes, nous revîmes et elle me proposa de m’ouvrir « sa maison », si j’avais des projets… Et j’en avais !&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Flânant beaucoup à l’époque dans le Quadrangle d’Or de l’édition et de la librairie qui allait du boulevard Raspail jusqu’à la Seine et ses bouquinistes, j’étais tombé sur une petite collection que je traquais jusqu’à en épuiser le catalogue : la collection « La joie de connaître » aux Éditions Bourrelier. Des petits livres les plus sérieux du monde mais aussi des plus attrayants tant du côté de la maquette que de ses illustres auteurs, dont la majorité, s’ils ne furent pas mes professeurs à l’université, étaient incontournables. En 126 pages abondamment illustrées, ils nous transmettaient plus que leur savoir, le plaisir et la raison de faire de la recherche. Animé moi-même d’un fort désir de partage, je m’étais dit que si à mon tour je pouvais communiquer ce joyeux savoir anthropologique que mes maîtres avaient distillé devant mes yeux, à savoir une façon simple, fine, exacte, profonde et illustrée (non, pas illustrée, c’est trop cher, hurlaient les commer ciaux !) ce serait formidable. La conjonction se fit. « La joie de connaître » se transmua en « Traversées ». Pour commencer j’apportai Alfred Métraux, André Leroi-Gourhan que j’empruntai à Bourrelier, puis vinrent Rousseau, Haudricourt, Gibbal, une cinquan taine d’auteurs à ce jour qui font exister « ma collection ». Et c’est ainsi que j’ai rejoint le cercle infernal et magique des éditeurs au sein d’une Utopie réalisée produite par quatre folies réunies, cet autre Quadrangle d’Or fait de l’auteur, de l’éditeur, du libraire et du lecteur.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-5760694753292025068?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/5760694753292025068/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=5760694753292025068&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/5760694753292025068'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/5760694753292025068'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/10/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_7085.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-5818416352694841822</id><published>2009-10-28T11:15:00.000-07:00</published><updated>2009-11-05T02:49:01.420-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Bibliothèque écossaise&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;dirigée par Keith Dixon&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Sucsae5pOjI/AAAAAAAAAD0/YMfszwinyxc/s1600-h/photo_post2.gif"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;La Bibliothèque écossaise est née d’un constat, d’une ambition et d’une rencontre. Le constat était qu’à l’aube du XXIe siècle, la littérature écossaise n’existait toujours pas dans l’imaginaire littéraire des Français. Certes, on connaissait quelques-uns des grands noms de cette littérature – Walter Scott, Robert Louis Stevenson, Conan Doyle, par exemple –, mais au mieux ils étaient vaguement attachés à une nébuleuse tradition anglo-saxonne qui cachait plus qu’elle ne faisait voir. L’ambition était donc de faire vivre cette littérature en traduction française, non pas par nationalisme écossais ou par goût pour le kitsch celtique, mais parce qu’elle manquait à la compréhension de la production culturelle d’outre-Manche, parce que la voix écossaise méritait largement sa place dans la polyphonie littéraire britannique entendue à l’étranger.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;La rencontre avec AMM a permis de faire ensemble ce constat et de faire éclore cette ambition. Dès 1995 nous nous sommes mis d’accord, le directeur de collection que je suis et AMM, sur une liste de romans écossais modernes et contemporains de pre mier rang jusque-là totalement inconnus du public français. Notre projet était à la fois de constituer une bibliothèque de classiques modernes écrits en Écosse et de suivre la production romanesque contemporaine au fil du temps avec une prédilection pour des textes novateurs sur le plan du contenu et/ou de la forme. Ainsi, les lecteurs français ont pu découvrir la grande trilogie de Lewis Grassic Gibbon, écrite dans les années 30 et marquant un tournant dans l’histoire du roman britannique, ou le roman Young Adam, d’Alexander Trocchi, romancier et aventurier héroïnomane qui a fait scandale dans la Grande-Bretagne du début des années 60. C’est ainsi que des écrivains de Glasgow, comme Alasdair Gray, Louise Welsh ou James Kelman, ont pu se constituer un lectorat français, tout comme – plus récemment – le poète devenu romancier, John Burnside, dont l’univers romanesque est irrigué par une violence sourde.&lt;br /&gt;L’Écosse est un petit pays – à peine plus de cinq millions d’habitants – mais sa littérature est foisonnante, surtout depuis les années 60 où la contestation de l’Union britannique a pris la forme d’un mouvement national et populaire, aboutissant aujourd’hui au statut d’autonomie. Nous avons fait le choix de la diversité, rappelant ainsi que l’identité culturelle de l’Écosse n’a rien de singulier. Nos auteurs écossais sont nés ou résident en Écosse, mais leur provenance culturelle est multiple : notre famille littéraire écossaise est large et inclusive. Suhayl Saadi, auteur de Psychoraag, est d’origine pakistano-afghane et, comme ses personnages, il est au carrefour de plusieurs cultures, de l’Occident et de l’Orient ; Alexander Trocchi est né dans une famille d’Italiens de Glasgow et ses romans apportent une touche de sensualité souvent manquant au roman écossais ; Dominic Cooper, dont les romans explorent les vies rudes de la côte ouest écossaise, entre mer et terre ingrate, est né en Angleterre ; James Meek préfère les terres lointaines, la Russie post-révolutionnaire, par exemple, dans Un acte d’amour, et en ce faisant il s’inscrit dans une autre tradition écossaise, celle de la découverte de l’étrange et de l’étranger, une tradition dont se sont nourris Stevenson et James Hogg avant lui. Mais une fois le texte trouvé, le travail du directeur de collection est loin d’être fini : établir le contact avec l’auteur pour mieux le comprendre et ainsi mieux cerner son œuvre, présenter le texte au futur traducteur et accompagner la traduction, surtout lorsqu’elle bute sur les spécificités de la langue ou de la culture écossaises. Certains auteurs ou certains textes posent de ce point de vue plus de défis que d’autres : trouver le ton juste pour traduire l’invective populaire dans un roman de Kelman, comprendre et traduire l’ironie subtile et les allusions culturelles foisonnantes dans l’œuvre de Gray nécessitent une vraie collaboration entre le traducteur et le passeur qu’est le directeur de collection. Passeur aussi dans le sens où, pour réussir une collection de littérature étrangère, il faut être prêt à passer d’une culture à une autre, à solliciter des collaborations et des soutiens dans le pays d’origine des textes et à susciter de l’intérêt dans le pays d’arrivée.&lt;br /&gt;L’Écosse contemporaine de ce point de vue est un terrain d’expérimentation passionnante et il ne manque pas d’aides et de soutiens à ceux et celles qui participent à la diffusion de sa culture. Mais la France est aussi un grand pays d’accueil de littératures d’ailleurs, ce qui, dans notre cas, a facilité la promotion d’une littérature « émergente ».”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-5818416352694841822?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/5818416352694841822/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=5818416352694841822&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/5818416352694841822'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/5818416352694841822'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/10/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_7914.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-1856447359524786406</id><published>2009-10-28T11:12:00.000-07:00</published><updated>2009-11-05T02:48:27.375-08:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Bibliothèque allemande&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;dirigée par Nicole Bary&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Une collection de littérature allemande ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Sucsae5pOjI/AAAAAAAAAD0/YMfszwinyxc/s1600-h/photo_post2.gif"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;À l’origine, il y a toujours un coup de coeur, une passion, le désir irrépressible de faire partager un bonheur de lecture, une découverte. Mais il y a ensuite le désir de transmettre un double regard sur la littérature allemande. L’un est lié à l’histoire, l’autre à la langue. La rencontre de l’écriture de fiction et de la mémoire collective et historique est au coeur de la littérature allemande, toutes générations confondues. Pour les raisons historiques que l’on sait, la société allemande s’est construite depuis le milieu du XXe siècle sur une succession de ruptures – ruptures historiques des années 1945, 1949, 1961, 1968, 1989, ruptures est-ouest dans la division, puis la réunification. Plus inséré dans le champ sociopolitique que le roman français, le roman allemand continue à enregistrer les soubresauts des ruptures comme un sismographe. Au début du XXIe siècle, pas plus Christoph Hein que Wolfgang Hilbig, Volker Braun, Angela Krauss, Jochen Jung ou Ruth Schweikert ne s’incrivent dans la démarche que résumait assez bien le propos de Max Frisch, selon lequel les « intellectuels étaient appelés à prêter assistance aux politiques ».&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span&gt;Libérés de la posture élitaire de l’intellectuel déchiffrant le réel pour en trouver le sens, ils appréhendent dans la fiction une réalité humaine et sociétale en pleine transformation depuis vingt ans. Ils explorent les mémoires familiales et les secrets de famille jalousement gardés, revisitent deux pays disparus depuis 1990 qu’ils n’ont parfois même pas connus et qui ne survivent que dans leur imaginaire. Le second regard s’accroche à l’ambiguïté du mot allemand quand il se rapporte à la littérature : la littéra ture allemande, est-ce celle qui s’écrit et s’inscrit à l’intérieur de l’Allemagne ? Ou l’ensemble plus vaste que forme la littérature de langue allemande auquel appartiennent, outre les écrivains allemands, les autrichiens, les suisses, les roumains du Banat et de Transylvanie ainsi que tous ceux qui ont quitté leur pays et leur langue maternelle pour l’allemand, tous ceux qui, à la croisée de plusieurs cultures et de plusieurs langues, ont choisi l’allemand comme langue d’écriture. Cette diversité, qui n’est pas issue d’une relation colonialiste ou post-colonialiste, induit une fascinante relation à la langue. Elle introduit dans l’écriture distance et étrangeté comme le notait, en son temps, Elias Canetti qui n’apprit l’allemand qu’à l’âge de huit ans : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Je ne suis qu’un hôte dans la langue allemande. L’allemand est une langue qui s’est implantée en moi tardivement, douloureusement. C’est pour cette raison qu’elle est devenue la langue de ma prose littéraire, parce qu’elle est toujours restée pour moi entourée d’une aura d’étrangeté qui charge les mots d’une passion tout à fait particulière. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;À l’époque des retours identitaires, des déracinements, de l’effacement des frontières et du métissage des cultures et des langues, à l’époque de la cyberculture, les écrivains sont d’une grande mobilité qui n’est plus nécessairement vécue comme un exil, ni comme une émigration politique, sociale, économique, mais comme un déplacement fait d’allées et venues, d’allers et de retours, de « diasporisations » transversales et plurielles. C’est dans cette optique que la Bibliothèque allemande publie Saïd, Herta Müller, Sherko Fatah et Galsan Tschinag. Passeurs et passeuses de frontières, leur écriture est habitée par les langues de leur enfance, par leurs rythmes, leurs métaphores et leurs images. Elle distord et enrichit la langue qui la reçoit. Sans doute l’allemand, du fait de sa capacité structurelle à la construction et à la déconstruction, saitil accueillir leur parole dans son étrangeté, leur « être entre-deux-mondes » (Ette) qui fait leur originalité. Ces regards privilégiés sur le champ littéraire allemand n’excluent pas d’autres choix à venir. De nouveaux auteurs rejoindront les « anciens ». Ils ouvriront la voie vers de nouveaux horizons.”&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-1856447359524786406?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/1856447359524786406/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=1856447359524786406&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/1856447359524786406'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/1856447359524786406'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/10/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_28.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-6399894639231932699</id><published>2009-10-27T10:14:00.000-07:00</published><updated>2009-10-27T10:24:50.890-07:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;Bibliothèque portugaise&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;dirigée par Pierre Léglise-Costa&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Une littérature et un imaginaire différents&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Sucsae5pOjI/AAAAAAAAAD0/YMfszwinyxc/s1600-h/photo_post2.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 350px; height: 233px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Sucsae5pOjI/AAAAAAAAAD0/YMfszwinyxc/s400/photo_post2.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5397331511909890610" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;“Ce fut d’abord un double choc : celui d’un texte et celui d’une affinité. Le texte était un monologue fulgurant sur la guerre coloniale, la dictature, la solitude d’un homme. L’affinité venait de la découverte qu’une femme, belle au demeurant, ayant, au premier abord, peu à voir avec moi, avait en fait tout pour que je m’entende avec elle, peut-être même parfois, au-delà des mots, entre le goût de la séduction et celui de l’intelligence des choses, la liberté de penser, de bouger, et le plaisir, voire le besoin constant de la lecture. J’ai donc traduit, elle a donc publié, et un premier livre est sorti avec l’impossible titre du Cul de Judas. Les quotidiens français découvrirent du même coup que la littérature portugaise existait. Nous étions à un peu moins des dix ans de la révolution des Œillets. Le Portugal vivait une nouvelle ère, l’ancienne était cependant toujours là, enfouie dans la mémoire et les êtres, avec ses acquis et ses blessures. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Les écrivains investirent l’espace de la nouvelle liberté et ils surent trouver à la fois des styles originaux, une force du récit constamment entremêlé de la capacité métaphorique et poétique du portugais, et une génération de grands auteurs était née. Mais, également, d’autres, plus anciens, surent se renouveler, réfléchir en même temps aux nouvelles donnes comme aux questions profondes posées par l’existence du passé. Le Dieu manchot, titre proposé par l’auteur lui-même, est dans ce cas-là, Saramago inventait pour ainsi dire une nouvelle écriture entre le grand passé baroque et l’extrême modernité, pour essayer de saisir ce que serait l’identité portugaise. Pour des raisons de difficultés financières de l’époque, AMM l’a publié en coédition avec Albin Michel ; son auteur, encore aujourd’hui, nous sait gré de cette première traduction. C’est aussi dans ce milieu des années 80 que nous publiions deux écrivains femmes qui pourraient être une sorte de pendant des deux hommes : Lídia Jorge, dont Le Rivage des murmures demeure un livre d’une grande violence contenue, enfermée, regard de la femme dans la guerre des excolonies portugaises d’Afrique, et Agustina Bessa-Luís, celle qui avait osé dans les années 50, en pleine dictature, être au-delà du néoréalisme ambiant et des modes d’écriture pour inventer une Sibylle à la fois profondément enracinée dans les traditions ancestrales du nord du Portugal et totalement universelle dans sa quête et sa conquête de femme. L’idée de créer une collection de romanciers contemporains portugais surgit a posteriori de la publication de ces quatre auteurs majeurs, auxquels il faut ajouter Jorge de Sena, mort quatre ans après la révolution qui  démocratisa le Portugal, et dont les nouvelles sont des joyaux. Elle a déjà fêté ses vingt-cinq ans et elle a entre-temps intégré un grand penseur, Eduardo Lourenço, un auteur rare et secret, Gabriela Llansol, d’autres écrivains de la génération qui « explosa » la littérature portugaise après 1974, comme Mário Cláudio, d’autres anciens comme Vergílio Ferreira, et plus récemment des très jeunes encore, comme Pedro Rosa Mendes et son extraordinaire texte, mi-récit de traversée à pied entre Angola et Mozambique, mi-évocation ou incantation, qu’est la Baie des tigres. L’Afrique luso phone précisément qui, elle aussi, peu à peu creuse le sillon original d’une littérature, à travers la langue portugaise, aussi multiple soit-elle, à la recherche d’une identité complexe ; à ce titre, Le Marchand de passés de José Eduardo Agualusa est un roman entraînant et sérieusement pertinent. Tout est ouvert et j’aimerais lors d’un anniversaire futur pouvoir m’enorgueillir d’avoir publié des traductions de nouveaux auteurs, d’avoir l’intense joie de découvrir des textes et de les offrir, fussent-ils en traduction. La langue portugaise est parlée dans tous les continents, alors, en parallèle avec la Bibliothèque brésilienne, qui est là dès l’origine des Éditions Métailié, une collection qui propose de beaux textes du monde entier dans les variantes d’une même langue est une ambition à la fois – et j’en suis conscient – démesurée et tout à fait possible. En 2000, Une île au loin de Luís Cardoso, venu de Timor, ce bout d’île lusophone au fin fond de l’Indonésie, est encore un pas dans ce sens. Ce fut aussi en 2000 que nous avons publié Des nouvelles du Portugal, à l’occasion du Salon du Livre de Paris pour lequel le Portugal était l’invité l’honneur. Ce recueil de 34 nouvelles d’écrivains, de tous âges et de toutes les latitudes mais vivant entre la Révolution de 1974 et 1999, dont le dénominateur commun était la langue portugaise, était conçu comme un regard sur ce qui était déjà pré sent et un petit passeport pour l’avenir. Ce recueil était publié dans la collection Suites. Celle-ci a la souplesse de proposer, dans un format éditorial plus proche d’un livre de poche, la réédition des romans et nouvelles de la Bibliothèque portugaise, mais également de prolonger celle-ci en publiant directement des titres soit venus d’ailleurs, soit d’auteurs d’un passé plus lointain, mais tout aussi prégnants, comme par exemple Eça de Queirós. Un public, cela se conquiert en quelque sorte à la longue. Il faut ainsi trouver de nouvelles pépites à lui proposer et continuer à faire briller les diamants déjà offerts. Nous en avons déjà fait découvrir quelques-unes, que parfois d’autres reprennent ensuite ; nous continuons à éditer les diverses facettes des autres.&lt;br /&gt;Un mot encore pour les traducteurs : on a dit d’eux qu’ils étaient des « passeurs », peut-être ajouterai-je que leur art consiste à savoir transposer, en français dans ce cas, une syntaxe, la création d’une image, l’originalité d’une écriture. Chaque auteur est unique et il faut savoir le rendre comme tel à des lecteurs d’une autre langue que la sienne.&lt;br /&gt;Sans fausse modestie nous pouvons dire que nous œuvrons à faire connaître un peu de la richesse de la littérature en langue portugaise et de l’imaginaire qui en est la source. Mais c’est toujours Tantale et Sisyphe en même temps. Célébrer, dites-vous ? Non, mais attendre, espérer, chercher, poursuivre.”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Photo réalisée par Daniel Mordzinski.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-6399894639231932699?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/6399894639231932699/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=6399894639231932699&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6399894639231932699'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6399894639231932699'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/10/textes-inedits-issus-du-catalogue-30_27.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/Sucsae5pOjI/AAAAAAAAAD0/YMfszwinyxc/s72-c/photo_post2.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-4096949223348981008</id><published>2009-10-23T04:04:00.000-07:00</published><updated>2009-10-23T05:42:58.423-07:00</updated><title type='text'>Textes inédits issus du catalogue 30 ans</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="color: rgb(204, 0, 0);font-family:arial;" &gt;30 ans&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Anne-Marie Métailié&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SuGQKJVUfEI/AAAAAAAAADs/dnm3Io-mJrM/s1600-h/photo1BLOG.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; cursor: pointer; width: 350px; height: 233px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SuGQKJVUfEI/AAAAAAAAADs/dnm3Io-mJrM/s400/photo1BLOG.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5395752332544998466" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Pourquoi fêter l'anniversaire d'une maison d'édition ? D'abord pour soi, me dit Beatriz de Moura, l'éditeur de Tusquets qui fête ses 40 ans, parce que si on ne le fait pas soi-même personne n'y pensera et que pour parler des livres les médias ont besoin "d'évènements". C'est aussi une occasion de mettre son activité en perspective et de faire un constat de ce qui a changé dans le métier. D'observer les mutations de vocabulaire au fil du temps : on a d'abord été &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;un nouvel éditeur&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; plein de promesses et de surprises ("Vous aidez votre mari?", peu de femmes créaient leur maison en 1979, nous étions deux, Régine Deforges et moi), puis &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;un éditeur courageux&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; (là on se sent condamné à l'oubli et légèrement méprisé) et enfin ces dernières années &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;un éditeur indépendant&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:arial;"&gt;paré de toutes les qualités, mais harcelé par les banquiers ("Vous dépassez le découvert autorisé. Faites quelque chose !").&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Pour soi on est toujours le même, on défend toujours la même idée fixe, faire connaître les livres qu'on aime avec passion, vouloir les faire partager au maximum de lecteurs, ne publier que ce qu'on est prêt à défendre bec et ongles. Un éditeur doit être optimiste même sous des dehors dépressifs et surtout obstiné. C'est la condition pour bâtir un catalogue cohérent.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Le catalogue, c'est la définition de l'éditeur, c'est à travers lui qu'il construit une vision du monde dans laquelle il peut se reconnaître. Comme je dois une de mes plus belles colères à la découverte de la façon dont l'enseignement secondaire parle de l'édition aux lycéens, j'ai décidé d'essayer de montrer ce que pouvait être le métier d'éditeur dans les textes que vous trouverez au fil de ces pages.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="fullpost"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Les différents directeurs de collection y expliquent leur travail. j'ai sollicité certains auteurs qui ont une expérience variée des relations éditoriales à travers le monde, puis ces intermédiaires indispensables qui vont de l'auteur au lecteur, nos complices les libraires, ainsi qu'un héros méconnu de cette chaîne, un représentant du diffuseur, qui parcourt un large secteur géographique pour porter jusque chez le libraire les arguments de l'éditeur en faveur de ses auteurs inconnus, ainsi qu'une critique curieuse et attentive du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;Monde des Livres&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;. Pour ouvrir une perspective internationale et différente j'ai aussi demandé son avis à un agent qui travaille sur l'Amérique latine, les Etats-Unis et l'Europe. Certes ces textes sont extrêmement bienveillants à l'égard de notre travail, mais c'est notre anniversaire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;L'éditeur n'existe pas sans ses auteurs, aux Editions Métailié comme chez de nombreux confrères, ils sont le centre de la maison. Comme parfois pour comprendre une façon de faire rien ne vaut une photo, Daniel Mordzinski m'a offert l'usage des photos qu'il a prises au long des 20 dernières années, les photos d'un grand photographe amoureux de la littérature et des écrivains.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;J'ai choisi d'ouvrir sur cette scène drôle : sur une plage des Asturies, le jeu de la corde entre des éditeurs de différents pays et les auteurs qu'ils publient. Pas un affrontement, un jeu entre partenaires dans lequel tous gagnent. Puis un groupe d'éditeurs sous des parapluies à Francfort, nous nous sommes rencontrés parce que nous publions les mêmes auteurs, à vrai dire cela a commencé autour de Luis Sepúlveda, et nous échangeons des informations et des livres, des consolations aussi. C'est également dans ces rencontres amicales que se construisent les catalogues. Ensuite les portraits du groupe se succèdent, j'aime réunir mes auteurs, les présenter les uns aux autres par-dessus pays et continents, ils se parlent, se voient, ils ont des choses à se  dire, leurs œuvres si différentes suivent des routes qui tiennent le même cap.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Pour aller dans le sens de ce qu'on enseigne sur l'édition à la jeunesse des écoles : oui, l'argent est important. J'ai découvert ce métier en tant que sociologue en classant les éditeurs en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;nuages de points &lt;/span&gt;selon deux axes  : le "pouvoir symbolique" et le "pouvoir économique" et j'ai compris que l'essentiel m'échapperait tant que je serais extérieure, mais j'en ai tiré une idée très claire. Un éditeur ne peut pas être un bon éditeur s'il ne gagne pas d'argent. Il doit être capable de vendre ses livres pour payer les auteurs, pour qu'ils puissent continuer à écrire, il doit faire de bonnes ventes pour pouvoir suivre le travail de ses écrivains, financer la découverte de nouveaux auteurs qui vendront peu, répartir l'argent qu'il gagne avec certains sur des inconnus qui sont l'avenir d'un catalogue, prendre tous les risques. Ce que me cachaient les "axes de pouvoir", c'est que l'éditeur est au service de l'œuvre de ses auteurs. C'est eux qui sont les plus importants.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Alors maintenant quoi ? Un catalogue dont 80% des auteurs étaient inconnus, souvent même dans leur pays quand on les a publiés, et dont beaucoup ont connu la célébrité ensuite parce qu'ils étaient publiés au pays du prix unique, des libraires exceptionnels , des lecteurs impénitents et curieux. Alors quelles perspectives pour la maison ? A l'aube du livre numérique, savoir que l'important c'est le contenu, c'est la littérature, pas le support sur lequel on le lit.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Continuer jusqu'au bout à vivre cette passion de découverte. S'asseoir avec ses auteurs, ces demi-dieux créateurs de mondes, les coudes sur la table pour partager la gourmandise, le vin et les histoires, pousser les chaises pour faire de la place aux nouveaux, les inviter à partager l'amitié et la littérature, et à la fin être toujours un éditeur : mourir de plaisir en lisant!"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Photo réalisée par Daniel Mordzinski.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;(Gauche) Les éditeurs : Luigi Brioschi (Guanda), un inconnu, Georges Miressiotis (Opera), AMM, Manuel Valente (Porto Editora), Ray-Güde Mertin (agent)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;(Droite) Les auteurs : Mario Delgado-Aparaín, Luis Sepúlveda, Victor Hugo de La Fuente (&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;, Chili), Alfredo Pita, Hernán Rivera Letelier, Ramon Díaz-Eterovic, José Manuel Fajardo, Antonio Sarabia.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-4096949223348981008?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/4096949223348981008/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=4096949223348981008&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4096949223348981008'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4096949223348981008'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/10/textes-inedits-issus-du-catalogue-30.html' title='Textes inédits issus du catalogue 30 ans'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SuGQKJVUfEI/AAAAAAAAADs/dnm3Io-mJrM/s72-c/photo1BLOG.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-2317831110269557579</id><published>2009-10-07T09:02:00.000-07:00</published><updated>2009-10-07T09:32:04.104-07:00</updated><title type='text'>Evènements</title><content type='html'>&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:100%;"  &gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L'Odéon-Théâtre de l'Europe - Samedi 17 octobre à 15h&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Lecture de &lt;span style="font-weight: bold;font-family:arial;" &gt;Luis Sepúlveda&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; et &lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-family:arial;" &gt;Bernard Giraudeau&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Lecture d'extraits de &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;La Lampe d'Aladino&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; et de &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;L'Ombre de ce que nous avons été&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; par l'auteur Luis &lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:100%;"  &gt;Sepúlveda et pour la version française par Bernard Giraudeau.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Réservations au 01 44 85 40 40 / Tarifs : 5 - 12 €&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;í&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;dia Jorge au Centre Georges Pompidou - Jeudi 22 octobre à 19h30&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lecture d'extraits du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vent qui siffle dans les grues&lt;/span&gt; dans le cadre des Lectures au Musée, Salle de l'exposition temporaire elles@centrepompidou&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réservations : 01 44 78 12 33 /Tarifs : 3,50 - 4,50 €&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rencontre avec Cristovão Tezza et Alicia Dujovne-Ortiz au Café El Sur - &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 17 octobre  à 15h30 et 18h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Café El Sur, 35 boulevard Saint-Germain 75005 Paris.&lt;a href="http://www.cafe-elsur.com/"&gt;&lt;br /&gt;www.cafe-elsur.com&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-2317831110269557579?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/2317831110269557579/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=2317831110269557579&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/2317831110269557579'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/2317831110269557579'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/10/evenements.html' title='Evènements'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-8259779552874879627</id><published>2009-09-24T03:55:00.000-07:00</published><updated>2009-09-24T04:04:07.247-07:00</updated><title type='text'>Texte inédit de Stéphane Dovert</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SrtR48rVsII/AAAAAAAAADU/pMLRREuxiNs/s1600-h/55652.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 109px; height: 137px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SrtR48rVsII/AAAAAAAAADU/pMLRREuxiNs/s320/55652.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5384987818253987970" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rêves d'Asie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis spécialiste de l’Asie du Sud-Est : l’affaire est entendue. J’y ai vécu presque vingt ans et j’y ai noirci de nombreux carnets de recherche qui sont devenus autant de livres. L’honorable lecteur de ce blog consacré à la littérature pourrait donc être tenté de se demander, comme ça, en passant, pour changer un peu des belles lettres, ce qu’un spécialiste de l’Asie du Sud-Est aurait à dire sur l’actualité des pays qu’il étudie. Après tout c’est son boulot de les connaître et il n’a pas fait toutes ces années d’études pour se taire lorsque les balles sifflent, les cadenas se ferment ou les compagnies pétrolières collaborent avec des régimes indignes. Bien sûr ce ne sont que des exemples, mais puisqu’on en parle dans la presse, il revient à l’orientaliste de témoigner au nom du droit à l’information de ceux qui n’en ont pas forcément l’usage mais qui peuvent nourrir leur ego de leurs indignations à défaut de modifier la marche du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;  Certains spécialistes s’acquittent avec célérité de leur tâche politico-médiatique. Ils prennent quelques risques au passage : celui de se voir priver des visas d’accès à leurs précieux terrains et celui, non négligeable, de voir leurs collègues moins aventureux leur reprocher cette faiblesse coupable (De la vulgarisation et de l’engagement ? Et pourquoi pas du french cancan pendant qu’on y est !). Chercheur, j’ai souvent levé très haut la jambe, camouflant parfois derrière un pseudonyme que je vous laisse le soin d’identifier des publications sur l’art et la manière pour les États de réprimer ceux de leurs citoyens qui n’avaient pas l’heur de leur plaire. Je m’en suis pris aux méchants pour défendre les gentils (les victimes appartiennent par définition à la seconde catégorie). C’est quelquefois un peu décourageant mais, l’un dans l’autre, c’est plutôt bon pour l’estime de soi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélas, la morale est parfois espiègle et nous conduit à d’ironiques parties de cache-cache. Tenez, je vous en propose une petite. Imaginons (car bien sûr tout cela relève de la fiction, vous savez : « Toute ressemblance ou similitude avec… ») qu’une junte militaire ignoble (pléonasme) qui opprime sa population et enferme sa Prix Nobel de la Paix dispose dans son espace maritime de quantités importantes de gaz naturel. Disons que c’est injuste mais pas impossible. Prenons maintenant une grosse compagnie occidentale (disons même qu’elle est française, pour nous sensibiliser davantage à l’histoire) dont le boulot est d’exploiter du gaz. Postulons maintenant que ladite compagnie travaille préférentiellement dans les pays riches en hydrocarbures plutôt que dans ceux qui sont riches en démocratie. C’est ballot mais les deux cartes n’ont pas vraiment tendance à coïncider. Qu’est-ce qui se produit ? Je vous le donne en mille : la vilaine junte et la grosse compagnie s’associent pour faire fructifier leurs intérêts communs. Comme la vilaine junte ne se débrouille pas très bien en affaires (l’économie militaire est à l’économie ce que la musique militaire est à la musique), la compagnie négocie un contrat vraiment très joli. C’est un peu dommage pour la population du pays parce qu’elle bénéficiera moins de l’exploitation qu’elle aurait pu, mais comme de toute façon, on prend pour acquis qu’une vilaine junte est une vilaine junte, on postule, sans jamais se donner la peine de le vérifier, qu’elle utilise tout ce qu’on lui verse pour son seul profit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grosse compagnie s’installe et il lui faut un coup de main pour poser ses tuyaux. Les militaires du cru, comme ils le font tout le temps lorsqu’ils ont une bonne idée de terrassement, mobilisent la population pour faire le boulot. On ne lui demande pas à proprement parler son avis, à la population, mais comme de toute façon on ne le lui demande jamais… Il se trouve pourtant en Occident des gens très engagés pour s’émouvoir de tout ça. Ça n’empêche pas la compagnie de commencer à pomper et la vilaine junte de s’en réjouir à hauteur des dividendes qu’elle perçoit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reprenons notre histoire dix ans plus tard. Les romanciers partagent avec les chercheurs un penchant pour ce type d’ellipse. La grosse compagnie doit maintenant faire face à la concurrence de tout un tas de concurrentes auxquelles elle a ouvert la voie. C’est la foire d’empoigne sur les nouvelles concessions. Mais elle tient ferme les siennes. Satisfaite de son affaire qui, au total, vaut bien le PNB d’une île du Pacifique, elle a même décidé qu’elle ne devait pas être égoïste. Elle a ses œuvres. Elle distribue bon an mal an un million de dollars de gentillesse pour la santé, l’éducation et le bien manger des populations riveraines de ses installations, mais aussi des autres. Elle paye bien ses employés. Elle les forme. Elle les choie. Elle les promeut. Ce dévouement participe peut-être d’une politique de communication, allez savoir, mais il est incontestable. Pour autant il est toujours en Occident des esprits grincheux qui veulent lui faire plier bagage. Vous en êtes même peut-être. Mais que doit donc faire la grande compagnie ? Partir ? Répondez en votre âme et conscience, comme si vous étiez maître de tous les destins (c’est assez grisant de temps en temps) et consultez dans la foulée les résultats de notre grand test :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1 – Vous avez répondu qu’elle devait partir : bravo ! Vous avez gagné le prix des droits de l’homme. La vile compagnie va immédiatement vendre ses avoirs à une collègue asiatique (elles n’attendent que ça) réalisant au passage une très confortable plus-value. Finie la politique modèle de gestion des ressources humaines. Envolés les centaines de milliers de dollars annuels pour les riverains ; oubliée la lutte contre le sida et la cécité. Les compagnies pétrolières de la région n’ont pas besoin de tout ça pour se sentir à l’aise dans leur activité. Bref : vous provoquez le malheur de beaucoup au nom de valeurs morales qui ne vous coûtent rien ; le tout pour un résultat nul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2 – Vous avez répondu que la grande compagnie devait rester. Bravo ! Vous avez gagné le prix de l’éthique sociale et du pragmatisme. Vous avez prouvé du même coup qu’on pouvait rafler la mise en faisant oublier ses vilenies initiales par des avantages comparatifs hors de proportion avec les profits dégagés. Bref : vous avez démontré que le crime paye.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3 – Vous avez refusé de vous prononcer. Bravo, c’était à la fois lâche et malin, mais ça ne vous empêche pas d’utiliser plein d’hydrocarbures avec votre mode de vie prédateur. Vous rendez ainsi les agissements de la grosse compagnie, et de toutes ses collègues, indispensables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci d’avoir joué avec nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et moi, dans tout ça. Eh bien moi, j’aime bien les belles histoires inextricables. C’est vraiment bien d’être romancier. Avec des scénarios de fiction pareils, vous reconnaîtrez que ça serait bête de s’intéresser à la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;Stéphane Dovert, le 21 septembre 2009&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-8259779552874879627?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/8259779552874879627/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=8259779552874879627&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8259779552874879627'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8259779552874879627'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/09/texte-inedit-de-stephane-dovert.html' title='Texte inédit de Stéphane Dovert'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SrtR48rVsII/AAAAAAAAADU/pMLRREuxiNs/s72-c/55652.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-3854650785735529580</id><published>2009-09-04T02:32:00.000-07:00</published><updated>2009-09-04T02:45:49.549-07:00</updated><title type='text'>chronique de Luis Sepúlveda</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 110px; height: 165px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s400/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337092458184345074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vies de chiens&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;   Les deux histoires suivantes, rigoureusement vraies, concernent des chiens particuliers, des chiens originaux, sans race définie, des chiens débrouillards qui dorment n’importe où et sont des monuments de petite liberté sur quatre pattes.&lt;br /&gt;  La première parle d’une chienne qui a fait les gros titres des journaux espagnols. Pendant onze ans, la fourrière, la société protectrice des animaux, la garde civile, la police autonome du pays basque et plusieurs douzaines de volontaires de San Sébastian tentèrent sans succès d’attraper cette chienne marron, aux longues oreilles et au regard triste qui trainait dans la station balnéaire de La Concha, le quartier  des tapas et le marché de cette belle ville basque. Elle n’avait pas de nom mais on l’appelait La Negra. Elle n’était ni grosse ni maigre, n’aboyait pas après les passants et avait l’habitude de s’asseoir à la porte des bars ou aux terrasses des cafés en espérant qu’on lui jette un reste de jambon, une gamba méprisée et, avec un peu de chance, un morceau de viande.&lt;br /&gt; Elle ne mendiait pas et ne jetait pas des regards affamés. Elle attendait tout simplement et remerciait les gens de leur générosité en agitant légèrement la queue. Un jour, quelqu’un dit qu’elle montrait certaines caractéristiques de la race labrador et, pendant onze ans, La Negra s’est amusée à courir près des cyclistes quand le Tour d’Espagne passait par le pays basque ou à marcher au premier rang des manifestations contre la violence criminelle de l’E.T.A.&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;            En certaines occasions ceux qui avaient l’intention de l’attraper pour l’emmener en lieu sûr faillirent y parvenir mais La Negra échappait à leurs lassos et à leurs filets et, une fois à l’abri, elle aboyait, heureuse d’être en liberté vagabonde et libre.&lt;br /&gt;    La vie des chiens est courte, ils vieillissent d’un coup, deviennent lents, maladroits, perdent leur flair et leur vue. C’est ce qui se passa pour La Negra et un après-midi d’août, elle ne put échapper au filet lancé par les employés municipaux mais sa capture eut lieu devant des témoins et ceux-ci se mirent à appeler la mairie pour savoir ce qui était arrivé à La Negra. Devant une telle insistance, on l’emmena le lendemain dans un refuge de la SPA. Jamais une chienne ne fit l’objet d’autant de demandes d’adoption, tous les habitants de San Sébastian semblaient vouloir la prendre en charge, et la conséquence d’une telle popularité fut que sa captivité ne dura pas plus de deux jours. Débarrassé de ses parasites, lavée et joyeuse elle fut remise à une famille qui refusa de changer ses habitudes et La Negra continue aujourd’hui à se promener sur La Concha, trotte à côté des cyclistes, amuse les touristes et arbore autour de son cou la sécurité d’un collier qui fait d’elle une chienne avec un domicile connu.&lt;br /&gt;     L’autre animal, un petit chien appelé Chiquito n’a pas eu autant de chance. Il y a sept ans alors qu’il déambulait dans le centre de Santa Fe, en Argentine, il eut la mauvaise idée de mettre son nez dans un sac en plastique qui avait un propriétaire, un type irascible qui, après avoir acheté quelques kilos de viande pour un barbecue, s’était arrêté à la terrasse d’un café pour boire quelques bières en laissant le sac en plastique par terre. Chiquito ne vola pas la viande, ne la goûta pas, il se contenta de la flairer mais cela suffit pour que le type lui balance deux coups de pied. Chiquito se défendit et, même s’il ne parvint pas à le mordre, lui déchira le pantalon.&lt;br /&gt; Chiquito fut capturé par la police et l’énergumène au pantalon déchiré exigea qu’on le tue. Les policiers de Santa Fe refusèrent de l’abattre alors le type porta l’affaire devant la justice.&lt;br /&gt; Un procès eut lieu. Chiquito fut déclaré coupable d’avoir blessé légèrement le misérable qui l’avait agressé et passa six ans en prison dans un commissariat. Tout récemment la page « Liberté pour Chiquito » de Facebook affichait des milliers de signatures demandant sa liberté ou un procès équitable.&lt;br /&gt;     Chiquito est mort en prison, à dix huit ans. Les policiers qui s’occupaient de lui assuraient que, jusqu’au dernier jour, il regardait la rue et soupirait avec la tristesse pleine de dignité de ce qui savent perdre.&lt;br /&gt;     J’ai deux bergers allemands, Zarko et Laika. Assis parfois avec eux dans le jardin, je leur raconte des histoires. Celle de La Negra leur a plu mais je ne sais pas si je leur raconterai un jour  celle de Chiquito.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-3854650785735529580?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/3854650785735529580/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=3854650785735529580&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/3854650785735529580'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/3854650785735529580'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/09/chronique-de-luis-sepulveda.html' title='chronique de Luis Sepúlveda'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-2523610152142841957</id><published>2009-08-03T00:35:00.000-07:00</published><updated>2009-08-03T00:39:54.466-07:00</updated><title type='text'>chronique de Luis Sepúlveda</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 110px; height: 165px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s400/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337092458184345074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La télévision, ce véhicule culturel&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    En triant le genre de vieux papiers qu’on garde sans savoir pourquoi, j’ai trouvé mon contrat de travail avec une chaîne de télévision de Guayaquil, établi en 1978, il y a plus de trente ans. Ce document stipulait que j’étais engagé, ainsi que mon ami Jorge Guerra, l’inoubliable Pin Pon, « pour concevoir une grille de  programme d’un niveau culturel élevé en accord avec le principal l’objectif de la télévision : être un véhicule culturel ».&lt;br /&gt;    Un véhicule est un objet capable de voler, de se déplacer sur des rails, sur l’eau et sur les routes en transportant des personnes ou des choses. Il peut aussi ne pas avoir de forme définie et naviguer à travers les ondes. Le concepteur des programmes de télévision devient ainsi une sorte d’ingénieur chargé d’imaginer un véhicule susceptible d’aller dans une direction déterminée, c'est-à-dire en avant, en arrière, en haut, en bas, sur côtés ; des possibilités de mouvement nombreuses et très stimulantes. C’est ce que nous pensions, mon ami Jorge Guerra et moi, pendant notre voyage de Quito à Guayaquil, dans ce pays appelé l’Equateur qui fut l’un des points de chute de nos exils respectifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;    Dans cette chaîne de télévision on pouvait voir la mire et puis, à partir de midi, les programmes se succédaient jusqu’à deux heures du matin. Le drapeau équatorien apparaissait alors, l’hymne national se faisait entendre après quoi la mire remplissait de nouveau l’écran jusqu’au lendemain. Nous devions donc couvrir quatorze heures d’émissions culturelles et un pareil défi nous a rempli d’enthousiasme pendant que nous dégustions, à la gare routière, les bananes frites et le café amer et fort du petit déjeuner. Nous devions prendre en considération les deux plages d’information, d’une demie heure chacune, ce qui nous laissait treize heures à remplir de culture, nous dit-on dans les bureaux de la chaîne mais un directeur nous rappela qu’il y avait des spots publicitaires d’une durée de quinze minutes  entre les différentes émissions et nous recommanda de ne pas oublier les deux heures d’informations sportives suivant les journaux télévisés ni l’espace spirituel acheté par l’église catholique et encore moins les soixante minutes de L’Heure du Seigneur de l’Eglise évangéliste Jésus Christ des Saints des Derniers Jours.&lt;br /&gt;    Ni Jorge Guerra ni moi n’étions des génies des mathématiques mais, après un rapide calcul,  nous avons estimé que nous disposions d’environ sept heures de programmation culturelle à combler. Le défi restait très stimulant.&lt;br /&gt;    La première chose que nous avons prévue était un espace consacré aux enfants, entre six et sept heures de l’après-midi. Le merveilleux Pin Pon allait conquérir les petits équatoriens lui qui avait appris à se laver les dents à des millions de gamins chiliens, à faire la différence entre la vérité et la mystification, à reconnaître les notes de musique et à savoir que la pluralité chromatique qui embellit la vie naît des trois couleurs primaires. C’est ce que nous pensions et, pleins d’enthousiasme, nous avons ajouté une émission qui s’appellerait Après Midi au Cinéma pendant laquelle on projetterait tous les jours un film latino américain précédé de dix minutes de commentaires. Pour le dimanche après-midi et parce que nous étions tous les deux fanas des films avec Jean Gabin, Lino Ventura et Alain Delon, nous avons imaginé une émission consacrée au cinéma français intitulée  L’Ecran  (nous étions très francophiles). Et pour finir, un programme consacré aux livres, un autre aux grands documentaires historiques et, cerise sur le gâteau, un concours pour scénaristes de feuilletons.&lt;br /&gt;    Les directeurs ont trouvé ça très bien, c’est du moins ce qu’ils ont dit avant de nous indiquer qu’entre les journaux télévisés et les émissions religieuses, il y avait plusieurs concours de danse, un autre pour l’élection de Miss Equateur et aussi des séries nord-américaines comme Bonanza, Star Trek, Des agents très spéciaux, Ma sorcière bien aimée, Le Grand Chaparral et les Incorruptibles.&lt;br /&gt;    Le défi perdait de son ampleur mais restait stimulant aussi, pour nous éviter de longues discussions, nous avons demandé de combien d’espace nous disposions.&lt;br /&gt;    L’un des directeurs s’est gratté la tête avant de répondre qu’en fait il s’agissait d’imaginer une émission de quinze minutes proposant des questions avec trois réponses possibles, deux mauvaises et une bonne. Il pourrait s’intituler  Vous êtes incollable, serait sponsorisé par « Durán électroménager » et les concurrents gagneraient chaque semaine un rasoir électrique. Les questions, d’un contenu culturel élevé, devraient porter sur des sujets que les gens connaissaient plus ou moins car la culture doit aider le public à se sentir bien et non à se compliquer la vie. Si cela nous semblait judicieux, ce programme passerait juste avant la fin des émissions, à une heure quarante cinq du matin, sauf en cas de retransmission d’une partie de foot importante.&lt;br /&gt;    Curieusement, ni Jorge Guerra ni moi n’avons haï la télévision après cette entrevue. Nous sommes revenus à Quito, nous avons conçu pour une autre chaîne aux intentions moins prétentieuses une émission qui mélangeait les genres, une sorte de feuilleton humoristique intitulé Dans l’intimité de la Famille Chiriboga  mais il n’a pas duré longtemps car les personnages s’obstinaient à se moquer du gouvernement.&lt;br /&gt;    Peu de temps après, Jorge Guerra est parti à Cuba où Pin Pon, son personnage, a fait les délices de deux générations de  petits cubains et j’ai, moi aussi, poursuivi ma route.&lt;br /&gt;    Jorge Guerra est rentré au Chili en 1988 où il a lutté à sa manière pour renverser la dictature. Pin Pon, son personnage d’éternel enfant, a semé l’agitation dans les bidonvilles, est monté sur les barricades et puis nous nous sommes retrouvés en 1998 autour d’une bouteille de vin qui nous a rappelé nos années d’exil équatorien avec attendrissement.&lt;br /&gt;    Mon ami est mort au Chili, en février de cette année, et je le sens à mes côtés tandis que je regarde le vieux document qui nous a fait rêver d’être les génies de la télévision.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-2523610152142841957?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/2523610152142841957/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=2523610152142841957&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/2523610152142841957'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/2523610152142841957'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/08/chronique-de-luis-sepulveda.html' title='chronique de Luis Sepúlveda'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-9099412417810278580</id><published>2009-06-30T07:31:00.000-07:00</published><updated>2009-08-27T01:57:54.342-07:00</updated><title type='text'>A paraître le 20 août MANITUANA, l’épopée de l’Indépendance des Etats-Unis dans la version des vaincus</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SlHG1wlM2CI/AAAAAAAAADM/DVkhxe3SROM/s1600-h/carte.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5355280058796529698" style="margin: 0px auto 10px; display: block; width: 320px; height: 232px; text-align: center;" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SlHG1wlM2CI/AAAAAAAAADM/DVkhxe3SROM/s320/carte.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Par le collectif italien Wu Ming - &lt;strong&gt;Prix Sergio Leone 2007, Prix Salgari du roman d’aventure 2008&lt;/strong&gt;. Dans ce livre, best-seller en Italie et ailleurs, le collectif de cinq auteurs italiens dénommé Wu Ming allie le souffle des grands récits épiques aux ressorts palpitants du roman-feuilleton pour nous raconter la naissance des États-Unis d’Amérique vue du côté des perdants de l’Histoire.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;em&gt;En 1775, il existait dans la vallée du fleuve Mohawk un monde métis, baptisé Iroquirlande, où six tribus iroquoises avaient tissé des liens de sang avec des Écossais et des Irlandais sous la protection de Sir William Johnson, commissaire des Affaires indiennes. Maintenant les terres ancestrales sont menacées par l’avidité des colons qui veulent se libérer de la couronne d’Angleterre. La guerre arrive de Boston et se rapproche, de vieux liens se rompent et la terre devient le théâtre de scènes d’horreur. Le chef de guerre Joseph Brant Thayendenaga essaiera d’en appeler au roi, il ira à Londres avec Philip, dit le Grand Diable, guerrier mohawk redouté et lecteur de Shakespeare, Peter, l’adolescent peau-rouge qui joue du violon et combattra dans les armées du roi, Esther qui a le don des visions comme sa tante Molly, la mère des nations iroquoises.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;em&gt;&lt;a href="http://editions-metailie.com/indoc/fiche-livre.asp?ID=989"&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="320" height="194"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/iczgCrQUKow&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/iczgCrQUKow&amp;amp;hl=fr&amp;amp;fs=1&amp;amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="320" height="194"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le matin elle pouvait entendre la terre respirer…&lt;br /&gt;L’après-midi elle entendait l’herbe pousser…&lt;br /&gt;Le soir elle voyait où le vent allait se reposer.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de choses invisibles sont pourtant aussi claires que la calligraphie. A cet endroit on trouve d’incroyables cascades et forêts, un endroit que les gens appellent Manituana, le jardin des belles âmes. Lorsque qu’on y pose son regard on comprend pourquoi il s’appelle ainsi tant il y a de verdure, de l’eau. La vie est là.&lt;br /&gt;Ce conte se passe au milieu de l’Atlantique, dans une vallée où coule une rivière. Le début de la révolution créa l’Amérique. Ce conte se passe du mauvais côté de l’histoire mais tout y est encore possible.&lt;/p&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-9099412417810278580?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/9099412417810278580/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=9099412417810278580&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/9099412417810278580'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/9099412417810278580'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/06/manituana.html' title='A paraître le 20 août MANITUANA, l’épopée de l’Indépendance des Etats-Unis dans la version des vaincus'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SlHG1wlM2CI/AAAAAAAAADM/DVkhxe3SROM/s72-c/carte.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-4847204871475815361</id><published>2009-06-11T06:48:00.001-07:00</published><updated>2009-08-03T00:27:58.407-07:00</updated><title type='text'>Chronique de Luis Sepúlveda</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SjELdAK_8dI/AAAAAAAAACc/rnaSJT0j33E/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5346066825555734994" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 110px; CURSOR: hand; HEIGHT: 165px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SjELdAK_8dI/AAAAAAAAACc/rnaSJT0j33E/s400/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;QUI ETES-VOUS ? &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Quand je dis « moi aussi je suis journaliste », je le fais avec beaucoup d’humilité car il me revient en mémoire une vaste galerie de photographies où se trouvent les visages de Juan Pablo Cárdenas, un grand journaliste et, de ce fait, otage personnel de Pinochet, de Pepe Carrasco assassiné par Pinochet pour cette même raison, de Rodolpho Walsh, écrivain et grand journaliste, assassiné par la dictature argentine, de José Luis Lopéz de la Calle, grand journaliste assassiné par l’ETA. A ceux-ci viennent s’ajouter d’autres illustres collègues de la corporation rencontrés sur mon chemin c’est pourquoi quand je dis « moi aussi je suis journaliste », je le dis avec fierté mais ma fierté est de courte durée car la profession est en pleine décadence.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span class=fullpost&gt;&lt;a href="http://www.metailie.fr/images/doc/BDC/lamontagne6.pdf"&gt;lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-4847204871475815361?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/4847204871475815361/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=4847204871475815361&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4847204871475815361'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4847204871475815361'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/06/chronique-de-luis-sepulveda.html' title='Chronique de Luis Sepúlveda'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SjELdAK_8dI/AAAAAAAAACc/rnaSJT0j33E/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-8049309445174099373</id><published>2009-05-18T02:23:00.000-07:00</published><updated>2009-08-03T00:27:17.641-07:00</updated><title type='text'>chronique de Luis Sepúlveda</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 110px; height: 165px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s400/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337092458184345074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Observations sur l’intellectualité&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon ami Miguel Rojo n’est pas seulement un type formidable chez qui on mange le meilleur agneau d’Espagne, c’est aussi un écrivain doué d’un talent inégalable pour surprendre l’intellectualité.&lt;br /&gt;A une certaine occasion, il assista à un cycle de conférences au cours desquelles un groupe d’écrivains, qui préféraient se définir comme des intellectuels, décrivaient en détail les belles et puissantes raisons qui les avaient amenés, pour le meilleur et pour le pire, à la littérature – eux préféraient dire “à l’intellectualité”. Tous sans exception parlaient de la formidable bibliothèque de leur maison paternelle et racontaient leurs aventures de lecteurs précoces qui, avant même d’aller à l’école, possédaient une connaissance assez approfondie des classiques – Cervantès, Shakespeare, Molière –, leurs amis d’enfance ou leurs “petits camarades”, comme ils les appelaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=fullpost&gt;&lt;a href="http://www.metailie.fr/images/doc/BDC/LaMontagne5.pdf"&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-8049309445174099373?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/8049309445174099373/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=8049309445174099373&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8049309445174099373'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8049309445174099373'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/05/observations-sur-lintellectualite-mon.html' title='chronique de Luis Sepúlveda'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/ShEpUEd-hfI/AAAAAAAAACU/NSOMN_HglOU/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-4996918093568407226</id><published>2009-05-12T08:25:00.000-07:00</published><updated>2009-08-03T00:25:46.818-07:00</updated><title type='text'>Chronique de Luis Sepúlveda</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SgmVwPMyzaI/AAAAAAAAACM/DBUZGaj9oDA/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 110px; height: 165px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SgmVwPMyzaI/AAAAAAAAACM/DBUZGaj9oDA/s400/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334959889543515554" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Histoire de deux tragédies&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin janvier, à Bogotá, un individu appelé Harold Vera a passé les portes d’une clinique de chirurgie esthétique. Il amenait une très jolie fille de Tolima, Edna Patricia Espinoza, dix-neuf ans, longue chevelure noire et mère d’une fillette de trois ans. C’était une “Miss”, c’est-à-dire une gamine pauvre avec un joli corps à proposer au plus offrant. Edna Patricia était Miss Tanga 2008, et c’est dans cette même clinique qu’on lui avait déjà refait le nez et implanté les seins énormes qui gonflaient son corsage.&lt;br /&gt;Fin janvier, à Bogotá toujours, à quelques jours de son cinquantième anniversaire, le millionnaire Andrés Piedrahita buvait lentement un jus de fruits aussi amer que son sort : le groupe économique qu’il présidait, Fairfield Greenwich, avait perdu 7 500 millions de dollars appartenant à ses clients du monde entier, dans l’escroquerie montée à Wall Street par Bernard Madoff. Ce qui rendait son jus de fruits amer, c’était qu’aucun de ses clients ne savait que les fonds qu’ils lui avaient confiés s’étaient volatilisés.&lt;br /&gt;&lt;span class=fullpost&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.metailie.fr/images/doc/BDC/montagne4.pdf"&gt;Lire la suite &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-4996918093568407226?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/4996918093568407226/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=4996918093568407226&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4996918093568407226'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4996918093568407226'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/05/chronique-de-luis-sepulveda.html' title='Chronique de Luis Sepúlveda'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SgmVwPMyzaI/AAAAAAAAACM/DBUZGaj9oDA/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-4331045427711564991</id><published>2009-05-12T05:43:00.000-07:00</published><updated>2009-05-12T08:30:39.443-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SXXVMpDYHzI/AAAAAAAAABo/MgtZ0B-_v2E/s1600-h/AMM%C3%A9taili%C3%A92%C2%A9+Rui+Sousa.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293371350199050034" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left; width: 110px; height: 155px;" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SXXVMpDYHzI/AAAAAAAAABo/MgtZ0B-_v2E/s200/AMM%C3%A9taili%C3%A92%C2%A9+Rui+Sousa.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Tout au long de 2009 nous allons fêter les 30 ans de notre maison d’édition et nous avons décidé de partager avec les lecteurs de nos livres un certain nombre d’informations, d’histoires, de débats qui font la vie de la maison et tissent les relations avec nos auteurs et tous ceux qui travaillent à les faire arriver jusque dans les mains des lecteurs. Cet espace plus souple à manier que notre site veut en être le complément et surtout établir un contact direct avec vous et connaitre vos opinions.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-4331045427711564991?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/4331045427711564991/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=4331045427711564991&amp;isPopup=true' title='14 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4331045427711564991'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4331045427711564991'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/01/tout-au-long-de-2009-nous-allons-fter_20.html' title=''/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SXXVMpDYHzI/AAAAAAAAABo/MgtZ0B-_v2E/s72-c/AMM%C3%A9taili%C3%A92%C2%A9+Rui+Sousa.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>14</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-929173822242091786</id><published>2009-04-06T00:27:00.000-07:00</published><updated>2009-08-05T05:21:19.370-07:00</updated><title type='text'>Et l'auteur créa la femme</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SdsEFK9HNJI/AAAAAAAAACE/GMDdfgjluL0/s1600-h/front+dyp+heroines-crg+copie.jpg"&gt;&lt;img style="cursor: pointer; width: 400px; height: 289px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SdsEFK9HNJI/AAAAAAAAACE/GMDdfgjluL0/s400/front+dyp+heroines-crg+copie.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5321851871554909330" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a style="color: rgb(255, 0, 0);" href="http://www.metailie.fr/images/doc/BDC/booklet.pdf"&gt;BOOKLET NOS HEROINES&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Et l’auteur créa la femme, il lui donna une existence qui renforce et éclaire la nôtre, accompagne un moment notre vie, habite notre imaginaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici une vingtaine de ces femmes d’encre et de papier qui viennent des quatre coins du monde, partagez quelques heures de lecture avec elles. Ce sont des femmes qui gagnent à être connues, qui ont déjà changé la vie de nombreux lecteurs et lectrices, les ont fait frissonner, pleurer ou rire. Ils ou elles en ont rêvé, en sont tombés amoureux ou les ont haïes, elles sont devenues leurs confidentes, les ont aidés à éclairer et à comprendre ce qu’ils ou elles ressentaient, ils ou elles ont vécu leurs vies. Leurs auteurs, en les créant, leur ont donné le meilleur de leur vie et de leur imagination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="fullpost"&gt;Passez donc un week-end ou quelques heures avec elles pour découvrir des univers et des sentiments qui vont enrichir les vôtres.&lt;br /&gt;&lt;a style="color: rgb(255, 0, 0);" href="http://www.metailie.fr/images/doc/BDC/booklet_Femmes.pdf" target="_blank"&gt;Voir le Booklet&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-929173822242091786?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/929173822242091786/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=929173822242091786&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/929173822242091786'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/929173822242091786'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/04/et-lauteur-crea-la-femme.html' title='Et l&apos;auteur créa la femme'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SdsEFK9HNJI/AAAAAAAAACE/GMDdfgjluL0/s72-c/front+dyp+heroines-crg+copie.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-8074152262222915780</id><published>2009-03-18T03:08:00.000-07:00</published><updated>2009-08-03T00:19:49.542-07:00</updated><title type='text'>Chronique de Luis Sepúlveda dans La Montagne</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SZlJehXqCVI/AAAAAAAAAB0/wtJ9VYANlgA/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 110px; height: 165px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SZlJehXqCVI/AAAAAAAAAB0/wtJ9VYANlgA/s200/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5303350824907966802" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;La malédiction de Somoza&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelquefois, il se passe des choses qui ne me laissent pas dormir, elles me dérangent à n’importe quelle heure, m’empêchent de prêter attention à la conversation de mes amis et, quand cela arrive, il me faut m’asseoir et mettre de l’ordre, peu importe où et  à quelle heure.&lt;br /&gt;J’ai subi ma dernière attaque de ce genre à La Guajira, dans un lieu infernal de la Caraïbe colombienne du nom de Ríohacha un coin où on a du mal à arriver et où, une fois sur place, on découvre un monde sans autre loi que celle dictée par la nécessité de survivre.&lt;br /&gt;Mes hôtes parlaient d’une criminalité effroyable, d’un commerce basé sur la contrebande de produits vénézuéliens et, pour seul attrait touristique, m’ont montré les centaines de taches noires qui parsemaient la route. Taches laissées par les centaines de voitures qui, une fois débarrassées de leurs sièges arrières, sont utilisées pour amener en fraude de l’essence du Venezuela. Quelquefois elles brulent à cause d’un fumeur irresponsable, d’un simple cahot du chemin ou encore après une rafale tirée depuis le véhicule d’un concurrent. Et les chauffeurs grillent jusqu’à ce que quelqu’un se risque à recueillir leurs restes en grattant l’asphalte avec une pelle.&lt;br /&gt;&lt;span class=fullpost&gt;Précisons qu’il n’existe pas une seule  station service légale à Ríohacha et que la plupart des véhicules en circulation portent des plaques d’immatriculation bicolores et criardes. Ces voitures, le plus souvent volées, sont amenées en contrebande du Venezuela et, pour essayer de les contrôler, les autorités colombiennes leur délivrent des plaques qui leur permettent de circuler exclusivement sous le soleil torride de La Guajira.&lt;br /&gt;Tout cela est normal dans un territoire sans loi, trop éloigné de l’élégante Bogota et fait partie de l’ensemble du paysage d’une Caraïbe condamnée à l’immobilisme. Soudain mes hôtes ont décidé de me montrer une autre réalité et m’ont conduit jusqu’à Cerrajón, la mine de charbon à ciel ouvert la plus grande du monde, « L’Enclave », comme on l’appelle ici.&lt;br /&gt;Le chemin s’améliore considérablement au fil des kilomètres, un chemin privé, bien sûr, et au bout de deux heures de route L’Enclave apparaît comme une ville radieuse peuplée de quakers, de mormons, de témoins de Jehova ou de toute autre groupe d’hommes bons, chastes et saints au plus haut point. A L’Enclave, la criminalité n’existe pas, la paix sociale règne, les maisons genre Salt Lake sont équipées d’air conditionné, de moustiquaires, il y a des piscines, des terrains de sport, des gymnases, des supermarchés, des écoles accueillantes.&lt;br /&gt;Pendant notre visite, on me raconte qu’avant de commencer à exploiter un filon, des mains compatissantes débarrassent l’endroit de tous les animaux, y compris les crocodiles et les serpents, d’autres enlèvent le tapis végétal et, plus tard, les arbres et les plantes. Tout cela  est transporté dans un centre de protection écologique et, l’extraction du charbon une fois terminée, on ramène le tout, animaux, arbres et plantes, depuis cette arche de Noé temporaire jusqu’à son lieu d’origine. Ni vu ni connu, l’exploitation minière n’a pas entraîné le moindre dommage. Pas de grèves à L’Enclave, les mineurs sont heureux, me dit-on, mais il est absolument interdit de s’entretenir avec eux. Tout le monde s’aime à L’Enclave.&lt;br /&gt;J’ai eu l’idée de demander à qui appartenait ces terres riches en charbon, principalement destiné à l’Europe. Ma question a provoqué un silence embarrassé puis quelqu’un a murmuré : je ne sais pas mais les indiens Waayú posent parfois des problèmes  sous prétexte que ces terres leur appartenaient avant l’arrivée des conquistadors. Ce sont en tous cas des problèmes sans importance.&lt;br /&gt;J’ai quitté L’Enclave en me demandant pourquoi on ne confiait pas à cette entreprise modèle toute l’administration de la Colombie et pourquoi pas aussi tout le continent  pour en faire une énorme enclave heureuse et éternellement souriante et cette question m’a poussé à m’asseoir sur la Place d’Armes de Linares, dix mille kilomètres plus bas, dans le Sud du monde.&lt;br /&gt;J’étais plongé dans mes réflexions quand un passant, intéressé par mon silence, m’a demandé si je me trouvais là à cause de Somoza. Ne sachant pas de quoi diable il me parlait, je l’ai prié d’être plus clair et il m’a raconté ce qui suit :&lt;br /&gt;- Il y avait ici un évêque, Somoza, auquel aucune femme ne pouvait échapper. Célibataires, mariées, veuves, grosses ou maigres, elles finissaient toutes dans la couche épiscopale et ces délicieux exercices spirituels mettaient les hommes au comble de la fureur. Le Vatican est intervenu et monseigneur Somoza a été envoyé dans une mission, en Afrique ou en Chine, allez donc savoir. Avant de partir, il s’est planté au milieu de cette même place et a maudit tous les hommes de Linares, ses cocus et ses ingrats. Pour finir, il a prophétisé que les quatre coins de la place prendraient feu et qu’alors on penserait à lui avec terreur. Et c’est ce qui s’est passé : d’abord c’est le coin du centre social qui a flambé et on a été privé du meilleur endroit où manger, puis le coin du cinéma et adieu les films de Greta Garbo, ensuite celui de la cathédrale, au milieu des soupirs des bigotes qui regardaient les flammes en pensant à l’évêque et, finalement, le coin du palais de justice, juste avant un procès très important qui devait se terminer par l’adjudication des terres à une entreprise minière. Tout à brulé, pas un document n’y a échappé et l’entreprise a abandonné l’idée de s’installer dans la région.&lt;br /&gt;Je ne sais pas pourquoi je lui ai demandé si cette entreprise se consacrait à l’exploitation du charbon.&lt;br /&gt;- Oui, m’a répondu l’homme, elle possède des mines importantes en Colombie.&lt;br /&gt;A ce moment-là tout s’est remis en place, la vie et les idées concordaient de nouveau ; Dieu n’existe pas mais il y a des évêques qui nous donnent un coup de pouce.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" &gt;Traduit par Bertille Hausberg&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-8074152262222915780?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/8074152262222915780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=8074152262222915780&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8074152262222915780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8074152262222915780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/03/chronique-de-luis-sepulveda.html' title='Chronique de Luis Sepúlveda dans La Montagne'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SZlJehXqCVI/AAAAAAAAAB0/wtJ9VYANlgA/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-8170911975588124898</id><published>2009-02-16T03:06:00.000-08:00</published><updated>2009-08-03T00:19:03.500-07:00</updated><title type='text'>chronique de Luis Sepulveda dans La Montagne</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SZlJehXqCVI/AAAAAAAAAB0/wtJ9VYANlgA/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 110px; height: 165px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SZlJehXqCVI/AAAAAAAAAB0/wtJ9VYANlgA/s200/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5303350824907966802" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Attaque à main bénite&lt;br /&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;Il existe plusieurs sortes de hold-up, parfois les voleurs portent des cagoules, en d’autres occasions ils agissent à visage découvert et depuis des bureaux très chics de Wall Street, mais la manière la plus commune consiste à se munir d’une arme à feu, d’un couteau ou de tout autre instrument d’intimidation. Cette façon de procéder est communément appelée “attaque à main armée”.&lt;br /&gt;L’attaque à main bénite est une façon de voler beaucoup plus sophistiquée et requiert une collaboration institutionnelle, directe ou indirecte. Il y a quelques jours, j’ai été victime de ce genre d’attaque, et moi, un mètre quatre-vingts, pas loin de cent kilos et ceinture noire de karaté, je n’ai pas opposé la moindre résistance, je le reconnais avec amertume, et je lèche encore les blessures causées par cette humiliation.&lt;br /&gt;J’étais à Cartagena de las Indias, une belle cité colombienne des Caraïbes, belle pour les touristes blancs et les Colombiens blancs de familles aussi blanches que singulières, incapables de voir la ceinture de misère qui entoure cette ville déclarée par l’UNESCO, de manière absurde, patrimoine de l’humanité. D’une humanité sans noirs, bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;span class=fullpost&gt;La mauvaise humeur prédispose aux catastrophes, dit-on, et il est possible que la mienne, massacrante ce jour-là même si elle était pleinement justifiée, ait quelque chose à voir avec l’attaque à main bénite : tout Cartagena courait derrière l’infante Elena, la fille des rois d’Espagne, en visite dans la ville. Je déclare solennellement ne pas avoir la moindre animosité envers cette jeune fille dont les mérites intellectuels sont : a) sa très haute taille, b) sa très haute taille et c) sa très haute taille. En tant que Latino-Américain, je suis fils de la révolution française, et tout ce qui sent la monarchie – les privilèges basés sur de vieilles légendes – me rend d’humeur maussade car je suis furieusement républicain.&lt;br /&gt;Pour pallier les effets de cette irritation, je suis entré dans un marché de produits artisanaux dans la seule intention d’acheter un hamac. L’endroit était presque vide : tout le monde courait derrière l’infante et il ne m’a pas été difficile de trouver le hamac désiré. Il était d’un rouge intense, tissé par les meilleurs artisans de La Guajira et, après avoir marchandé avec la vendeuse, j’ai découvert que je n’avais pas assez d’argent sur moi. J’ai donc demandé où se trouvait le distributeur le plus proche et je suis parti dans sa direction sous un soleil d’enfer et une humidité qui collait à la peau.&lt;br /&gt;Le distributeur m’a paru discret, sans logo ni signe distinctif d’une banque quelconque et j’ai dû trouver cette discrétion agréable au milieu de l’exubérance caribéenne. J’ai glissé ma carte de crédit, attendu de voir apparaître les premières instructions sur l’écran, choisi l’espagnol comme langue de transaction, tapé mon code, cette identité si démocratique qu’elle fait de moi l’égal de Bill Gates, puis j’ai indiqué que je souhaitais retirer de l’argent de mon compte courant, une somme de quatre cent mille pesos colombiens, soit environ cent cinquante euros, et appuyé pour finir sur la touche “validation”.&lt;br /&gt;Normalement, quand on a tapé sur la touche verte, la machine crache les billets, le reçu, et vous rend votre carte, mais, dans ce cas, j’ai vu apparaître sur l’écran : “Souhaitez-vous donner à la Sainte Église catholique a) 1000 pesos, b) 5000 pesos, c) 10 000 pesos et d) 0 (zéro) peso.” Oui, je suis fils de la révolution française, je crois à la séparation drastique entre l’Église et l’État, à la société laïque, à la libre-pensée, j’ai donc choisi l’option “zéro peso pour l’Église”. Alors, le distributeur a craché une liasse de billets ; il y en avait pour trois cent mille pesos, je les ai comptés, puis ma carte de crédit et enfin un reçu de quatre cent mille pesos. A ce moment-là, j’ai compris qu’on m’avait attaqué à main bénite car un nouveau message est apparu sur l’écran : “La Sainte Église catholique vous remercie pour votre don de cent mille pesos et priera pour le salut de votre âme.”&lt;br /&gt;La première fois qu’on m’a attaqué à main armée c’était à New York, dans le Bronx. Une bande du Latin Power m’a ôté jusqu’à l’envie de retourner aux États-Unis. La deuxième, c’était à São Paulo où j’ai été victime d’un groupe d’écoliers ; le plus vieux n’avait pas douze ans et, parmi les vingt autres bambins, certains avaient encore des dents de lait. J’ai éprouvé de la rage, de la colère et de l’humiliation, mais j’ai vite oublié car la possibilité d’être attaqué à main armée fait partie de la vie ou de la maudite loi de Murphy. Mais quand on est attaqué à main bénite, volé par la Sainte Église, on est d’abord perplexe et puis ensuite on a la triste impression d’être un parfait imbécile.&lt;br /&gt;J’ai râlé, insulté le distributeur automatique, proclamé à haute voix mon athéisme avant de battre finalement en retraite avec la pire sensation de défaite de ma vie.&lt;br /&gt;Il ne me reste plus que la vengeance des justes car je vais me faire payer ces cent mille pesos colombiens (à peu près trente euros), et par le Vatican. Que Ratzinger le sache : tout objet d’une valeur d’environ trente euros appartenant à l’Église est à moi parce que je suis également fils du Comte de Monte-Cristo et ma devise est : Ni oubli ni pardon.&lt;br /&gt;(traduit par Bertille Hausberg)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-8170911975588124898?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/8170911975588124898/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=8170911975588124898&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8170911975588124898'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/8170911975588124898'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/02/derniere-chronique-de-luis-sepulveda.html' title='chronique de Luis Sepulveda dans La Montagne'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SZlJehXqCVI/AAAAAAAAAB0/wtJ9VYANlgA/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-4228466961431327854</id><published>2009-01-20T05:36:00.001-08:00</published><updated>2009-08-03T00:18:11.744-07:00</updated><title type='text'>Chronique de Luis Sepulveda dans La Montagne</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SXXUcXWWeMI/AAAAAAAAABg/slNFjCM64tk/s1600-h/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293370520813074626" style="margin: 0px 0px 10px 10px; float: right; width: 110px; height: 165px;" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SXXUcXWWeMI/AAAAAAAAABg/slNFjCM64tk/s200/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;em&gt;Pendant toute l’année 2009&lt;br /&gt;LUIS SEPÚLVEDA tiendra dans le journal &lt;a href="http://www.lamontagne.fr/"&gt;LA MONTAGNE&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;une chronique mensuelle que vous pourrez retrouver ensuite sur ce site.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;18/01/09&lt;br /&gt;Grandes inventions perdues&lt;br /&gt;Par Luis Sepúlveda&lt;br /&gt;Traduit par Bertille Hausberg&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A quelque 80 km de Santiago du Chili, tout près de la cordillère des Andes se trouve Talagante, un petit village tranquille, immuable et statique comme une belle photo du bon temps, avec des maisons basses à l’indiscutable saveur andalouse et une place centrale sur laquelle se côtoient des enfants et des oiseaux qui ne savent pas encore ce que c’est que la peur.&lt;br /&gt;Talagante jouit d’une certaine réputation pour ses gâteaux et ses tartes faites par des artisans pâtissiers, habiles dans le maniement de la confiture de lait, du miel et des meringues qui se défont avant même qu’on les porte à sa bouche. Talagante a toujours été un lieu de passage, une halte agréable sur la route vers la côte qui ne suscitait qu’un seul commentaire quand on le quittait : sympa ce patelin.&lt;br /&gt;&lt;span class=fullpost&gt;Pendant de nombreuses années cet endroit n’a été visité que de jour ; à la nuit tombée les voyageurs préféraient passer au large car, et bien que personne ne l’ait jamais constaté, tout le monde avait entendu parler des grottes de Talagante, une série de cavernes secrètes, disait-on, dans lesquelles les pacifiques pâtissiers se transformaient en démons, sorcières, gnomes au corps difforme, qui après s’être livrés aux jeux sexuels les plus splendides, recevaient du diable, Satan, de nouvelles recettes qui faisaient grandir le prestige mérité des tartes et gâteaux du village. Le démon leur apprenait à séduire les palais, à recruter des pécheurs, grâce à la douceur et à l’impeccable facture des millefeuilles.&lt;br /&gt;Avec le temps le vieux chemin sinueux, semé de tournants dangereux, qui menait de Santiago à la côte, a été remplacé par une autoroute moderne, et Talagante a cessé d’être cette halte aimable sur le chemin, les revenus de ses habitants ont considérablement baissé et il a été lentement envahi par des hippies, des déçus de la vie urbaine, des astrologues à l’efficacité douteuse ou des révolutionnaires à la retraite. Des gens pacifiques qui ont découvert un endroit ensoleillé pour réchauffer leurs vieux os et du bon miel pour donner aux dernières années une touche nécessaire d’ambroisie.&lt;br /&gt;Il y a quelques jours j’ai quitté l’autoroute de la côte et je suis allé à Talagante à la recherche d’un individu dont m’avaient parlé des amis. Un type qui avait quitté Santiago après une longue série d’essais manqués pour breveter des inventions, qui selon lui, pouvaient changer le destin de l’humanité, ou du moins faire du Chili un pays vraiment ingénieux et heureux.&lt;br /&gt;Il n’a pas été difficile à trouver. Il prenait le soleil sur un banc de la place et il a répondu à la question « c’est vous l’inventeur ? » en me montrant un gros cahier de comptabilité, dans lequel il écrivait ses idées, ses formules chimiques, dessinait ses plans, et faisait ses calculs sur la physique compliquée des choses.&lt;br /&gt;Avec la sagesse d’un pédagogue il m’a expliqué les détails d’un moteur qui marchait sans autre combustible que l’eau, selon lui, une possibilité de transport écologique prouvée, assez efficace, à l’exception d’un petit détail à la résolution duquel il travaillait : si on installait ce moteur sur un bus d’une capacité de cent personnes, le réservoir de combustible, à savoir l’eau, occuperait les trois quarts du véhicule, mais, m’a-t-il expliqué, il était sûr d’inventer très vite une machine à glace qui lui permettrait de réduire le réservoir d’eau.&lt;br /&gt;J’ai toujours été enthousiasmé par les inventions, j’aime l’ingéniosité humaine, je lui ai donc demandé de me montrer d’autres trouvailles. Il a soupiré, feuilleté le cahier et m’a montré celle dont il était le plus fier.&lt;br /&gt;Comme on le sait, commença-t-il, l’une des inventions les moins estimées mais l’une des plus indispensables est la couche jetable, que ce soit pour bébés ou pour adultes. Cette couche facilite la vie des mères et j’ai dessiné un modèle entièrement fabriqué en papier. C’est une couche recyclée et qui recycle d’un point de vue aristotélicien ; toutes les idées exposées dans les journaux ou les livres se transforment en une pâte. J’en fais de fines lamelles que je rassemble – il en faut dix pour une couche résistante – et je place au centre une graine d’arbre ou de plante d’ornement. Ainsi la couche remplit ses fonctions, le bébé qui la porte fait ses besoins, à peu près trois fois par jour, au lieu de la jeter la mère, le père ou la nourrice, suivant les instructions simples imprimées sur chacune d’elle, la place dans une jardinière et quelques jours après, la graine germe et on a un arbre en puissance, un rosier ou un sapin de Noël. Plus tard on le plante, et si on considère que chaque être humain porte des couches pendant quelque trois ans de sa vie avec une moyenne de trois besoins par jours, on voit que chaque individu crée sa propre forêt ou sa plantation de belles fleurs odorantes.&lt;br /&gt;Cette invention, poursuivit-il, répond à plusieurs exigences ; d’abord elle revendique l’action scatologique, cependant le plus important c’est qu’en plus d’assurer effectivement l’existence d’une masse végétale pour oxygéner la planète, elle génère une abondante quantité de bois pour le papier ; ainsi le roman, la poésie, la philosophie et l’essai contractent une dette envers la fonction la plus primaire de l’être vivant, et donc s’humanisent.&lt;br /&gt;Je l’ai écouté dans un silence attentif, j’ai regardé ses dessins, ses calculs. Je l’ai laissé au soleil sur la place de Talagante, un endroit de passage où je compte revenir pour en savoir davantage sur ses inventions incomprises.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-4228466961431327854?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/4228466961431327854/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=4228466961431327854&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4228466961431327854'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/4228466961431327854'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/01/chronique-de-luis-sepulveda-dans-la.html' title='Chronique de Luis Sepulveda dans La Montagne'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_gn8B74jaF58/SXXUcXWWeMI/AAAAAAAAABg/slNFjCM64tk/s72-c/LuisSepulveda%C2%A9Daniel+Mordzinski.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6983465790940220425.post-6015920350594605415</id><published>2009-01-20T05:11:00.000-08:00</published><updated>2009-08-03T00:15:17.817-07:00</updated><title type='text'>Le roman noir c'est de la littérature</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;em style="font-family: arial;"&gt;Nos auteurs de romans noirs sont dispersés à travers le monde, leurs intrigues sont différentes, leurs ambiances sont différentes, leurs personnages sont différents. Leur cohabitation dans notre catalogue relève-t-elle du hasard ? Non. Certains libraires et certains journalistes, certains auteurs aussi, nous ont fait remarquer qu’il existe une cohérence entre les titres de notre catalogue Noir, qu’il y a un esprit « maison ». &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em style="font-family: arial;"&gt;Qu’ont donc en commun les auteurs de notre maison ? En dialoguant avec les textes d’un autre de nos auteurs Wu Ming 1, Serge Quadruppani, auteur et directeur de la Bibliothèque Italienne a écrit une belle analyse de ce catalogue Noir des Editions Métailié dont nous avons extrait ces quelques idées fortes.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Trente ans qu’elle fait tourner la baraque, notre éditrice, et nous, ses collaborateurs de toujours, nous le savons maintenant : ce qui tient debout le fragile édifice d’une maison d’édition indépendante, ce ne peuvent être seulement des qualités de gestionnaire (même s’il en faut beaucoup), et encore moins le flair pour des « coups » (de ces derniers, on peut se passer) mais avant tout une chose aussi peu concrète et comptabilisable qu’un esprit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=fullpost&gt; &lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Cet esprit, on le perçoit notamment à travers les romans noirs. La chose ne paraît pas évidente au premier abord : quoi de commun entre l’épaisseur historique, la complexité linguistique, le raffinement de la construction de L’Opéra de Vigàta (Camilleri) et les histoires drolatiques du Vieux Switch (Delfino) ? Entre les banlieues post-staliniennes de Delteil et la « mer détraquée » de Braucci ? Entre le Blues de Sandrone (Dazieri) et celui d’Erlendur, le héros d’Arnaldur Indridason ? Entre les mondes du Romain De Cataldo et des Belges Mayence ou Baronian ? Entre l’impeccable Grimaldi et l’échevelé Capellani ? Entre le collectif bolognais Wu Ming et le Cubain Padura ? Entre le chat du Chilien Diaz-Eterovic (Les Sept Fils de Simenon) et du soussigné (Au fond de l’œil du chat) ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Chaque auteur est une île, avec son histoire singulière et une très particulière faune imaginaire, mais ces îles forment un archipel dont le dessin laisse percevoir un dessein. Car nos écrivains du rayon noir partagent “des morceaux de cartes mentales et un désir féroce qui les ramène à chaque fois aux archives ou dans la rue, ou là où les archives et la rue coïncident” (Wu Ming 1, New Italian Epic). &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;em&gt;La tendresse du roman noir contre la cruauté du monde&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Les lecteurs d’Hannelore Cayre savent bien que le cynisme effréné de son personnage cache mal une tendresse profonde pour les loosers qui font tout pour ne pas perdre et qui perdent pourtant, pour la racaille qui se bat et se débat au pied de l’échelle sociale. Rien de moins politique, apparemment, que son point de vue : avec dans la voix le sarcasme qui est sa petite musique à elle, l’auteur note simplement que les dealers sont les plus pures incarnations de la pensée néolibérale. Et pourtant la tendresse qui affleure sous la raillerie constitue une prise de position par laquelle son œuvre entre en résonance avec les autres romans noirs de la maison Métailié, qu’il s’agisse des livres de Taibo II (Mexique), Diaz Eterovic, Sepúlveda (Chili), Macchiavelli ou Camilleri (Italie). &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;em&gt;Le roman noir, c’est de la littérature&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div  align="justify" style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Le roman noir chez nous n’est pas une détective story, une murder party, un whodunit. Le roman noir publié chez Métailié considère que la littérature n’est pas, en tout cas pas seulement, un jeu. Et comme l’implique la phrase précédente, le roman noir se considère comme de la littérature. Ne se refusant pas le travail sur la forme, c’est une littérature qui se coule néanmoins dans les canons d’un genre, pour les respecter (Grimaldi en Italie, Indridason en Islande, Padura à Cuba) ou pour les subvertir (Mañas ou Montero Glez en Espagne et beaucoup d’autres), mais qui garde ce que nous considérons comme l’une des plus hautes ambitions littéraires : raconter des histoires. Et les histoires qui valent la peine d’être racontées sont forcément complexes, très loin des thrillers marqués par les grossières simplifications télévisuelles : par exemple, l’auteur s’attache à montrer les raisons de chaque personnage au point que, quel que soit le crime, on n’est pas sûr, à la fin, qu’il y ait vraiment un méchant, et comme dit dans les dernières pages des Brumes du passé (Padura) un des personnages : “Les histoires sans méchants, c’est plus compliqué.”&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div face="arial" align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div face="arial" align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;em&gt;Le roman noir de la mémoire&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div face="arial" align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div face="arial" align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;“Au cours de son existence, Mario Conde s’était entraîné à vivre avec les idéalisations et les diabolisations du passé, avec les réécritures opportunistes, les affabulations et les silences impénétrables […], il avait appris que, même contre son gré, chaque personne, chaque génération, chaque pays, tout le monde doit traîner, comme les fers d’une condamnation, ce passé qui est évidemment le sien…” Leonardo Padura. La réécriture opportuniste du passé italien, qu’il s’agisse des années fascistes ou des années dites “de plomb”, est au cœur des œuvres de Carlotto comme de Macchiavelli et de De Cataldo. Les personnages de Luis Sepúlveda n’oublieront jamais la dictature (Un nom de torero, Hot line) non plus que ceux de Sampayo ou de Giardinelli en Argentine. Cette réécriture peut être aussi individuelle (Grazia Verasani, Quo vadis, baby ?);pleine d’ironie, (Pierre Christin, Petits crimes contre les humanités), elle porte toujours en elle le reniement des espérances collectives ou la négation des crimes de masse. La littérature noire porte le fer dans la plaie de l’oubli. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: arial;" align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: arial;" align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;em&gt;Retour sur la littérature de genre, retour vers le futur&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: arial;" align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: arial;" align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;L'attrait dominant de la littérature de genre repose sur le contrat qui la lie au lecteur : en achetant tel produit, je sais déjà quelles caractéristiques il y aura dans l'emballage. Je sais aussi que son producteur n'a pas mis au centre de ses préocupations le besoin de parler de lui-même, mais celui de répondre à mon attente. Mon bonheur ira bien au-delà de celui du consommateur satisfait si le producteur a su utiliser mon attente pour la déborder et la subvertir et la porter vers d'autres horizons. Ce qui, pour les défenseurs du ghetto de la littérature de genre, revient à sombrer dans le péché d’“intellectualisme” : hélas, certains confondent un peu trop l’intellectualisme avec l’intelligence. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: arial;" align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;La littérature (la création en général) se transforme le plus souvent sous l’action de ses marges : la littérature expérimentale et la littérature populaire, l'une étant censée se trouver au-dessus, l'autre au-dessous de la production littéraire courante. Dans ses moments les plus heureux, l'histoire culturelle a vu ces deux bouts se rejoindre et sortir de toute échelle hiérarchique (par exemple la rencontre du surréalisme et des littératures populaires). Résister à la colonisation des imaginaires implique plus que jamais de mettre les marges au centre, en se ressaisissant des projets qui leur sont communs : raconter la part “noire” de l'homme, aller au plus près de ses peurs collectives et de ses fantasmes singuliers, en se gardant de tout moralisme comme de tout cynisme. “Au fond, tous les livres que j’ai mentionnés tentent de dire que nous – nous autres, nous l’Occident – ne pouvons pas continuer de vivre comme nous en avions l’habitude, en cachant les ordures (matérielles et spirituelles) sous le tapis jusqu’à ce que le tapis s’élève à perte de vue.” Wu Ming 1&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: arial;" align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Serge Quadruppani&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6983465790940220425-6015920350594605415?l=30anseditionsmetailie.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/feeds/6015920350594605415/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6983465790940220425&amp;postID=6015920350594605415&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6015920350594605415'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6983465790940220425/posts/default/6015920350594605415'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://30anseditionsmetailie.blogspot.com/2009/01/le-roman-noir-cest-de-la-littrature_20.html' title='Le roman noir c&apos;est de la littérature'/><author><name>Editions Métailié 30 ans</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12842796889937616398</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry></feed>
